Deux visions de Paris-Saclay

L’année 2026 sera déterminante pour l’avenir de Paris Saclay. Suite au vote du CA de décembre 2025 du « design institutionnel », la commission des statuts va se réunir fin janvier, l’HCERES va évaluer le projet et chaque composante va devoir se prononcer.  Depuis l’élection des membres du CA (Conseil d’Administration) de l’Université Paris-Saclay en 2024 deux visions s’affrontent pour son futur et celui des établissements qui en font partie. 

Une vision humaniste et inclusive qui défend une université démocratique et l’intégration de tous pour assurer les missions de l’enseignement au plus grand nombre et maintenir une recherche de très haut niveau international. 

L’autre vision veut faire de Paris-Saclay une université élitiste en mettant sur le banc, voire en se séparant des éléments jugés les moins performants. Elle préfère une direction dans laquelle les élus ne sont qu’une caution démocratique et les conseils des chambres d’enregistrement. C’est le projet auquel Camille Galap s’est rallié après avoir juré d’écouter tout le monde.

Actuellement, la vision inclusive est défendue par 2/3 des élu.es du CA (12 sur 18) alors que la vision élitiste est majoritairement soutenue par des personnalités extérieures non-élu.es qui sont également 18 et qui, pour beaucoup, ont été désignées par les membres du CoDir (Comité de Direction de Paris Saclay, qui regroupe les directeurs des établissements et des composantes).

Cette opposition se focalise actuellement sur quatre points essentiels :

1- Positionnement des deux universités d’Evry et Versailles-Saint Quentin

– Vision élitiste : 

        La proposition est de satelliser ces deux universités au sein d’une alliance et donc de ne plus les intégrer dans Paris-Saclay. Les personnels et étudiants de ces deux universités ne seraient donc plus automatiquement ni électeurs ni éligibles aux conseils et en particulier au CA de Paris-Saclay alors même que ces établissements sont fondateurs et qu’ils ont accepté de mettre leurs écoles doctorales et leurs masters dans Paris-Saclay.

– Vision inclusive :

        Nous proposons que ces deux universités restent dans Paris-Saclay. C’est le modèle qui a été testé et qui a très bien fonctionné. Ainsi, comme c’est le cas actuellement, tout le monde est électeur et éligible dans les conseils.

2-Gouvernance du périmètre employeur (ex université Paris Sud)

Pour remédier au fait qu’aujourd’hui des points cruciaux comme la politique de recrutement ou le budget du périmètre employeur sont décidés par le CA de Paris-Saclay dans lequel siègent des personnes extérieures au périmètre employeur alors que les autres établissements universitaires ou écoles ont leur propre organe de gouvernance.

– Vision élitiste :

        Les membres du CA de Paris Saclay issus du périmètre employeur formeraient un CA restreint qui traiterait des sujets spécifiques à ce périmètre. La version du projet présenté par la présidence ne précise pas les prérogatives de ce CA restreint. Il est à craindre que des verrous juridiques n’autorisent qu’une très faible délégation de pouvoir.  

– Vision inclusive :

        Chaque établissement, dont le périmètre employeur, conserve ses prérogatives, en particulier concernant les postes et les budgets.

3-Personnalités extérieures nommées au CA

– Vision élitiste :

        Maximiser le nombre de ces personnalités extérieures (la moitié des membres) et qu’elles soient choisies par le CoDir, ce qui a comme effet mécanique de permettre au CoDir et à la présidence de faire du CA une chambre d’enregistrement. Cet effet est présent dans tous les établissements ayant beaucoup de personnalités extérieures, indépendamment de la qualité de ces personnalités. Ce modèle avec la moitié de personnalités extérieures a été testé et a généré la « crise institutionnelle » de 2024.

Lors des CA de cette mandature, depuis 2024, le nombre d’interventions des élu.e.s est de 480 alors que les personnalités extérieures en cumulent seulement 90, elles recourent aussi plus souvent à des procurations pour leurs absences (49 procurations contre 30 pour les élu.es)  ce qui illustre leur représentation disproportionnée dans le schéma actuel.

– Vision inclusive :

        Limiter le nombre de personnalités extérieures à 1/3 des membres, qu’elles soient proposées pour moitié par les élus et pour moitié par le CoDiR et qu’elles ne participent pas à l’élection du/de la président.e.

4-Rôle du CoDir

– Vision élitiste :

        Le CoDir a un rôle exécutif, rôle éminemment important et fondamental. Actuellement avec le nombre de personnalités extérieures et leur mode de désignation, le CoDir a aussi un rôle législatif qu’il ne devrait en aucun cas avoir. Regrouper le pouvoir exécutif et législatif est toujours un mauvais symptôme pour la santé de toute démocratie.

        Actuellement, sur beaucoup de sujets à voter en CA, le CoDir se réunit avant et une proposition toute ficelée arrive en CA, sans possibilité de discuter de propositions alternatives.

 – Vision inclusive :

        Le CoDir présente au CA les directions qui lui paraissent pertinentes, et ce sont les membres du CA qui élaborent les textes et les votent.

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