A Centrale Supelec comme à AgroParisTech, on musèle les étudiant.es

Le 19 janvier, une table ronde a été organisée par CentraleSupélec à destination des étudiants de l’école. Il s’agissait de rencontrer des entreprises, parmi lesquelles Dassault Aviation et Safran. Une quinzaine d’étudiants ont organisé un « comité d’accueil » en scandant « Dassault, Safran, MBDA [également partenaire de l’école], de ces partenariats on n’en veut pas ! » Dénonçant une activité qui peut porter préjudice à l’image de leur école, ils ont agi comme des étudiant.e.s et citoyen.ne.s responsables, indiquant qu’elles et ils n’exerceraient pas leur futur métier d’ingénieur dans n’importe quelle entreprise et dans n’importe quelles conditions. 

La semaine dernière, ce sont six étudiant.e.s CentraleSupélec de l’Université Paris-Saclay qui ont été convoqués par la direction générale des services et la direction juridique de l’école pour leur signifier qu’une procédure disciplinaire allait être entamée contre eux. Contre toute attente, ce sont eux qui sont accusés d’avoir porté préjudice à l’image de CentraleSupélec ! 

Nous sommes donc dans une situation où, au sein de l’Université Paris-Saclay, on empêche des étudiant.e.s d’exprimer une défiance, pourtant légitime, par rapport à des vendeurs d’armes. Loin d’établir un dialogue, l’école CentraleSupélec de l’Université Paris-Saclay choisit de remplacer toute discussion à vocation pédagogique par une procédure disciplinaire immédiate. 

Au même moment, la direction d’AgroParisTech de l’Université Paris-Saclay choisissait d’envoyer les CRS aux étudiants qui occupaient l’école. Ceux-ci n’avait pourtant pas d’autre but que de donner leur avis sur les cours qu’ils suivent et donc sur l’avenir de l’alimentation et de la nature en France.

Le message est clair, on veut brider les moindres velléités d’expression au sein de la jeunesse étudiante. Alors que les idées d’extrême droite se répandent dans le monde entier, c’est au contraire le rôle d’une université ouverte sur le monde que de soutenir celles et ceux qui veulent réfléchir à leurs responsabilités, s’exprimer, prendre en main leur avenir, celles et ceux qui proposent de construire des alternatives pour l’avenir.

Pour revendiquer leur intégration dans une université, les grandes écoles de l’Université Paris-Saclay doivent adhérer aux valeurs universitaires. Il ne s’agit pas dimposer aux élèves des subir les discours de l’agroindustrie et des industries militaires, mais de développer un libre-arbitre informé, qui a vocation à s’exprimer publiquement pour contribuer au débat citoyen.

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