Assemblée Générale et Heure mensuelle d’Information Syndicale
(déclarée auprès de l’administration donc donnant autorisation à prendre une heure sur son temps de travail)
Lundi 11 mai – 12h-14h – Amphi Blandin au Laboratoire de Physique des Solides – Bat. 510
Déficit budgétaire, baisse des dotations des labos et hausse des frais d’inscription – L’ESR en danger.
Un budget catastrophique dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR)
La situation budgétaire catastrophique de Paris Saclay est à l’image de celle de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche au niveau national.
Un déficit structurel organisé
Au CNRS, il a été annoncé de fortes restrictions budgétaires en cours d’année et les laboratoires se sont vus diminuer leurs dotations de 10%. Cela devient impossible de travailler avec un budget non seulement en baisse, non reportable mais, en plus, qui varie en cours d’année.
A l’université, Paris-Saclay doit combler un déficit structurel conséquent, dû à l’absence de compensation par l’état de la progression du GVT (glissement vieillesse technicité) ou de l’augmentation du point d’indice. Ce déficit est aussi la conséquence d’une augmentation des effectifs étudiants ainsi que d’un accroissement et d’une diversification des missions demandées à l’université qui n’ont pas été financés à la hauteur des besoins. Autrement dit, les dépenses augmentent mécaniquement et les dotations stagnent.
Cette crise budgétaire est organisée depuis des années par une sous-dotation structurelle de la subvention d’état qui conduit à une dégradation progressive du service public et qui ouvre la voie à une privatisation rampante de l’enseignement supérieur.
Ce qui se discute actuellement à l’université Paris-Saclay
A l’Université Paris Saclay, plusieurs “solutions” ont été présentées par la présidence en conseil d’administration : gels de postes, ponctions sur les budgets des composantes, réduction des moyens alloués aux laboratoires, et désormais hausse des droits d’inscription. Présentées comme des hypothèses, certaines de ces mesures sont pourtant (en fait) déjà appliquées comme les baisses des dotations aux laboratoires et aux départements.
Faire peser l’ajustement budgétaire sur les personnels – enseignants-chercheurs comme BIATSS – est une impasse. Les équipes sont déjà sous tension, en particulier depuis la création de Paris-Saclay. Réduire encore les effectifs, c’est dégrader directement la qualité de la formation et de la recherche.
Le spectre de l’augmentation des frais d’inscription se rapproche
La fausse bonne idée de l’augmentation des frais d’inscription plane au-dessus de l’université. Il s’agit d’une solution toute trouvée pour résoudre le problème financier. D’abord, les étudiants étrangers extra-communautaires puis les étudiants dans des formations sélectives… il s’agit de mettre un coin dans la porte avant la généralisation de l’augmentation des frais d’inscription.
L’expérience internationale est pourtant sans appel : au Royaume-Uni comme aux États-Unis, l’augmentation des frais s’est traduite par un endettement massif des étudiant·es, sans résoudre durablement les problèmes de financement des universités. Pire, elle a accentué les inégalités et fragilisé les institutions. L’argument selon lequel les étudiant·es – ou leurs familles – devraient “contribuer davantage” est un piège. Si les classes les plus aisées doivent participer plus fortement, cela doit passer par l’impôt, pas par des frais d’inscription qui remettent en cause l’égalité d’accès.
Pour un budget suffisant et des choix politiques courageux
L’Université doit rester un service public, accessible à tous et à toutes. Il s’agit d’un choix politique fort, tout à fait possible financièrement. Rappelons que cette année encore, le Crédit Impôt Recherche, s’élève encore à 8 milliards d’euros et n’est pas impacté par les baisses budgétaires, sans avoir jamais prouvé son efficacité.
