La FSU soutien l’Appel des scientifiques : investir dans la recherche pour pouvoir choisir l’avenir

Les directrices et directeurs d’unité de recherche et les instances scientifiques nationales, l’Assemblée des directions de laboratoires, le Collège des sociétés savantes académiques de France, les professeurs titulaires du Collège de France, ainsi que les personnels chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs et techniciens de la recherche publique, se mobilisent contre les coupes et les restrictions budgétaires dans la recherche publique.

Les scientifiques soulignent le caractère essentiel de la recherche dans la maîtrise de nos destins collectifs, alertent sur le fait que les choix budgétaires du gouvernement mettent la recherche en grave danger et appellent à un changement de paradigme pour donner à la recherche une place à la hauteur des défis contemporains

Les scientifiques alertent sur la place de la recherche en France, qui décroche et s’affaiblit, et des conséquences funestes pour la société et son avenir.

Les scientifiques interpellent les politiques et les candidates et candidats à la présidence de la république sur leurs programmes en matière de recherche.

Retrouvez la tribune à signer et le texte d’appel sur https://recherche-publique-2027.fr/

Non aux restrictions budgétaires – Pour un budget à la hauteur des enjeux

Le sous-financement chronique des universités depuis des années nous envoie dans le mur. Le nombre d’étudiants a encore augmenté, les rémunérations et cotisations supplémentaires (glissement vieillesse technicité, CAS pension, augmentation du point d’indice) ne sont pas compensées. La préconisation de l’État était d’utiliser le fonds de roulement[1] et celui-ci est maintenant trop faible pour assurer un fonctionnement serein de l’université[2].

On arrive à une situation de crise telle que la présidence de Paris-Saclay a demandé aux composantes du périmètre employeur de réduire leur masse salariale académique de 1 % par an pendant trois ans. 

1%, cela pourrait paraître négligeable. C’est en réalité 10 à 12 postes à l’échelle de la Faculté des Sciences ou 1 à 2 postes à l’IUT de Cachan, par exemple. Typiquement, c’est le nombre de recrutement annuel. On envisagerait  donc de ne plus recruter de MCF pendant les trois années à venir. Cette mesure aurait un impact profond en termes d’encadrement pédagogique, qui dans de nombreuses formationsest déjà  en tension, et pour notre activité de recherche dans les laboratoires. 

Cette situation est intenable. Elle est le résultat d’une volonté politique de destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche que nous dénonçons depuis des années. 

C’est à l’État d’affecter des crédits pour une université de qualité et à la hauteur des nombreux enjeux sociaux, scientifiques et techniques, qui requièrent de former des citoyens avec une pensée critique et autonome.

[1] https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/09/15/la-crise-de-l-energie-affecte-les-finances-des-laboratoires-de-recherche-et-les-universites_6141737_3224.html => La ministre Sylvie Retailleau promet d’aider financièrement les établissements, une fois « consolidée » l’évaluation des surcoûts. Elle invite néanmoins les universités à puiser dans les réserves des fonds de roulement et à « ne pas bloquer de l’argent qui dort ». « Elles ne doivent en aucun cas pénaliser leur campagne de recrutement et leurs projets, pour couvrir les surcoûts énergétiques », poursuit-elle. 

[2] https://www.lesechos.fr/politique-societe/education/financement-des-universites-les-presidents-invites-a-gerer-leur-budget-autrement-2223267 => « la part[de ces fonds de roulement] libre d’emploi est estimée à 5 %, soit 200 millions d’euros ». Une bonne nouvelle, saluent les présidents d’université qui n’ont cessé de répéter que leurs fonds de roulement étaient fléchés sur des projets et qu’ils ne pouvaient pas s’en servir pour autre chose. 

Déclaration des élu·es FSU et Sud-CGT concernant les principes méthodologiques de la campagne d’emplois 2027

Pour répondre à la demande rectorale de retour à l’équilibre financier, la présidence de l’Université Paris-Saclay impose à toutes ses composantes une diminution de la masse salariale académique, ainsi qu’une diminution globale de la masse salariale BIATSS, de 1% par an pendant 3 ans.

L’Université Paris-Saclay, comme de nombreuses universités en France, est portée à bout de bras par ses personnels depuis de nombreuses années. Malgré une augmentation du nombre d’étudiant·es, une complexification des missions, et une charge de travail accrue notamment liée à la construction de Paris-Saclay, les personnels ont eu à cœur d’offrir les meilleurs formations aux étudiant·es, de poursuivre une recherche de qualité mondialement reconnue, et d’assurer toutes ses missions de service public.

Le déséquilibre financier des universités françaises n’est pas le fait de ses personnels. Elle a une cause structurelle : la non compensation par l’état d’un certain nombre de dépenses qu’il a imposé, ainsi que la non compensation financière et humaine qui aurait été nécessaire pour faire face à l’augmentation du nombre d’étudiant·es. Aujourd’hui, le
gouvernement, appuyé par les présidences d’université, achève le tableau en faisant reposer l’effort sur les universités elles-mêmes, et en particulier leurs personnels.

Ces personnels sont aujourd’hui épuisés. Leur faire porter la responsabilité de ces problèmes structurels est inadmissible. En tant qu’élu·es du CSAE, nous sommes révolté·es de cette demande, qui non seulement va continuer à augmenter la charge de travail et à faire perdre du sens à nos missions, mais en plus donne un sentiment d’injustice à tous les personnels qui se sont pourtant mobilisés pour mener à bien leurs missions dans toutes les circonstances difficiles que nous connaissons depuis des années.

STOP à la généralisation des FSD

Nous lisons avec stupeur, dans un message destinés aux lauréat·es des contrats doctoraux  d’une école doctorale de l’Université Paris-Saclay :

« Si ce n’est pas déjà fait, nous vous engageons à entreprendre au plus vite les démarches auprès du Fonctionnaire Sécurité Défense dont dépend votre laboratoire. L’avis FSD sera attendu pour tous les doctorants au moment de l’inscription en thèse. »

Nous rappelons que le Fonctionnaire Sécurité Défense (FSD) décide de façon discrétionnaire, arbitraire, non argumentée ni opposable, qui peut être autorisé ou non à travailler dans un laboratoire, et sur quels sujets de recherche. Cela est obligatoire pour les laboratoires ou équipes placées en Zone à Régime Restrictif (ZRR), ce qui est déjà critiquable en soi, comme le montre de nombreuses dérives (voir par exemple https://smf.emath.fr/actualites-smf/zrr-suitehttps://www.sudouest.fr/gironde/bordeaux/bordeaux-une-chercheuse-interdite-d-acces-a-son-laboratoire-en-raison-de-ses-engagements-ecologistes-24591937.php ou encore https://cgt.fercsup.net/l-echo-du-sup/echo-du-sup-no-8-dossier-le-tout-securitaire-dans-l-enseignement-superieur-et/article/le-piege-des-zrr-entretien-avec-un-collegue).

Le message de cette école doctorale conditionne l’inscription de ses futur·es doctorant·es à demander une validation auprès du FSD pour la signature de leur contrat doctoral, et ce y compris pour des laboratoires ou équipes qui ne sont pas en ZRR. Cela constitue un débordement du rôle du FSD, et représente une suspicion généralisée, qui ouvre la porte à toutes sortes de sélection arbitraire.

Nous demandons à la présidence de l’université des éclaircissements quant à cette demande. Il est évident que cela constitue une dérive, d’autant plus en imposant cela à de jeunes collègues précaires qui prendront de gros risques en n’accédant pas à la demande. En particulier, nous demandons donc à savoir quels textes permettent de mettre en place de telles dispositions, s’il est obligatoire pour l’université de le faire et où la décision a été prise de mettre en place ce dispositif.

Nous invitons les collègues concerné·es (futur·es doctorant·es et encadrant·es) à prendre contact avec nous pour lutter collectivement contre cet abus, en écrivant à <snesup-fsu.syndicat@u-psud.fr>.

Les Chaires de Professeurs Juniors (CPJ) : entre précarité statutaire et opacité du déploiement

Lors de la commission de la recherche du 27 mai 2026, à l’occasion des points d’information, nos élu.es ont découvert que six profils de postes de Chaire de Professeur Junior (CPJ) allaient être remontés au Ministère par l’Université au périmètre large, sans aucune discussion préalable. Sans leur vigilance, cette information serait passée inaperçue. 

Au moment de la mise en place des CPJ (en décembre 2021)[1], la présidente S. Retailleau, nous avait expliqué qu’elle était contre ce statut, mais que nous étions  bien obligés d’accepter ces postes de professeurs SUPPLÉMENTAIRESIl est maintenant clair que NE SONT PAS des postes SUPPLEMENTAIRES mais des postes qui REMPLACENT des postes de Maître de Conférences (MCF).

En effet, à l’origine, une CPJ était accompagnée d’une dotation de 200 k€ attribuée par l’ANR et de la promesse de la création d’un poste de professeur financée par le Ministère. Mais les conditions ont depuis changé du tout au tout. Si l’accompagnement par l’ANR est toujours d’actualité, la Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (DGESIP) précise désormais que « toute Chaire de Professeur Junior (CPJ) qui sera pourvue dans l’année civile devra être gagée par le non‑remplacement d’un départ d’enseignant‑chercheur intervenant au cours de l’année 2026 »[2]. 

Nous dénonçons ce statut depuis sa création, ainsi que la méthode pour l’imposer. Les CPJ impliquent la remise en cause du statut de MCFElles visent à remplacer les MCF par des postes précaires et seul le statut de Professeur permettra une titularisation. La mise au concours et le concours eux-mêmes se font de manière opaque.

Cette situation est inacceptable. Nos élu.e.s ont marqué leur forte hostilité à ce projet en Commission Recherche de l’université en demandant de ne pas faire remonter cette liste de CPJ. Nous demandons à ce que l’université refuse la mise en place de ces postes et que les conseils soient consultés démocratiquement avant toute décision.

[1] Décret no 2021-1710 du 17 décembre 2021 relatif au contrat de chaire de professeur junior prévu par l’article L. 952-6-2 du code de l’éducation et par l’article L. 422-3 du code de la recherche (https://www.galaxie.enseignementsup-recherche.gouv.fr/ensup/CPJ/decret%20CPJ%202021-1710.pdf)

[2] https://www.aefinfo.fr/depeche/751057-toute-cpj-pourvue-en-2026-devra-etre-gagee-par-le-non-remplacement-dun-depart-denseignant-chercheur-circulaire-dgesip

Déficit budgétaire, baisse des dotations des labos et hausse des frais d’inscription

Assemblée Générale et Heure mensuelle d’Information Syndicale 

(déclarée auprès de l’administration donc donnant autorisation à prendre une heure sur son temps de travail) 

Lundi 11 mai – 12h-14h – Amphi Blandin au Laboratoire de Physique des Solides – Bat. 510

Déficit budgétaire, baisse des dotations des labos et hausse des frais d’inscription – L’ESR en danger.

Un budget catastrophique dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR)

La situation budgétaire catastrophique de Paris Saclay est à l’image de celle de  l’Enseignement Supérieur et de la Recherche au niveau national.

Un déficit structurel organisé

Au CNRS, il a été annoncé de fortes restrictions budgétaires en cours d’année et les laboratoires se sont vus diminuer leurs dotations de 10%. Cela devient impossible de travailler avec un budget non seulement en baisse, non reportable mais, en plus,  qui varie en cours d’année.

A l’université, Paris-Saclay doit combler un déficit structurel conséquent, dû à l’absence de compensation par l’état  de la progression du GVT (glissement vieillesse technicité) ou de l’augmentation du point d’indice. Ce déficit est aussi la conséquence d’une augmentation des effectifs étudiants ainsi que d’un accroissement et d’une diversification des missions demandées à l’université qui n’ont pas été financés à la hauteur des besoins. Autrement dit, les dépenses augmentent mécaniquement et les dotations stagnent. 

Cette crise budgétaire est organisée depuis des années par une sous-dotation structurelle de la subvention d’état qui conduit à une dégradation progressive du service public et qui ouvre la voie à une privatisation rampante de l’enseignement supérieur.

Ce qui se discute actuellement à l’université Paris-Saclay

 A l’Université Paris Saclay, plusieurs “solutions” ont été présentées par la présidence  en conseil d’administration : gels de postes, ponctions sur les budgets des composantes, réduction des moyens alloués aux laboratoires, et désormais hausse des droits d’inscription. Présentées comme des hypothèses, certaines de ces mesures sont pourtant (en fait) déjà appliquées comme les baisses des dotations aux laboratoires et aux départements. 

Faire peser l’ajustement budgétaire sur les personnels – enseignants-chercheurs comme BIATSS – est une impasse. Les équipes sont déjà sous tension, en particulier depuis la création de Paris-Saclay. Réduire encore les effectifs, c’est dégrader directement la qualité de la formation et de la recherche.

Le spectre de l’augmentation des frais d’inscription se rapproche

La fausse bonne idée de l’augmentation des frais d’inscription plane au-dessus de l’université. Il s’agit d’une solution toute trouvée pour résoudre le problème financier. D’abord, les étudiants étrangers extra-communautaires puis les étudiants dans des formations sélectives… il s’agit de mettre un coin dans la porte avant la généralisation de l’augmentation des frais d’inscription. 

L’expérience internationale est pourtant sans appel : au Royaume-Uni comme aux États-Unis, l’augmentation des frais s’est traduite par un endettement massif des étudiant·es, sans résoudre durablement les problèmes de financement des universités. Pire, elle a accentué les inégalités et fragilisé les institutions. L’argument selon lequel les étudiant·es – ou leurs familles – devraient “contribuer davantage” est un piège. Si les classes les plus aisées doivent participer plus fortement, cela doit passer par l’impôt, pas par des frais d’inscription qui remettent en cause l’égalité d’accès. 

Pour un budget suffisant et des choix politiques courageux

L’Université doit rester un service public, accessible à tous et à toutes. Il s’agit d’un choix politique fort, tout à fait possible financièrement. Rappelons que cette année encore, le Crédit Impôt Recherche, s’élève encore à 8 milliards d’euros et n’est pas impacté par les baisses budgétaires, sans avoir jamais prouvé son efficacité. 

Motion du conseil d’IUT d’Orsay au sujet du manque de dialogue et des atteintes à la liberté d’expression et à l’éthique

Motion proposée par le Collectif 384

L’Université Paris-Saclay, en tant qu’institution publique d’enseignement supérieur et de recherche, se doit d’incarner les valeurs de liberté académique, de débat critique et d’éthique. Pourtant, des événements récents révèlent une tendance inquiétante à la répression des initiatives étudiantes et à la remise en cause de l’indépendance des instances éthiques, au mépris des principes fondamentaux qui devraient guider une université ouverte sur le monde.

Les membres du conseil constatent :

1. une répression des initiatives étudiantes et musèlement de l’expression critique
– Le 19 janvier 2026, des étudiants de CentraleSupélec ont exprimé, de manière pacifique, leur désaccord avec les partenariats de leur école avec des industries militaires (Dassault Aviation, Safran, MBDA). En réponse, six étudiants ont été convoqués pour une procédure disciplinaire, accusés d’avoir porté préjudice à l’image de leur école. Cette décision est d’autant plus choquante qu’elle inverse les rôles : ce sont les étudiants, en tant que citoyens responsables, qui ont rappelé l’importance de l’éthique dans le choix des
partenariats industriels.

– En janvier 2026, à AgroParisTech, des étudiants occupant leur école pour critiquer les orientations pédagogiques et les dérives de l’agro-industrie ont fait face à une intervention policière, alors qu’ils ne faisaient qu’exercer leur droit à la contestation et à la réflexion collective sur l’avenir de l’alimentation et de la nature. 

Ces deux exemples récents illustrent une volonté des directions de museler l’expression citoyenne et critique, alors même que l’université devrait constituer un espace de réflexion libre et éclairée, à l’abri des lobbys et encourager le débat et la responsabilité éthique face aux enjeux sociétaux.

2. une remise en cause de l’indépendance des instances éthiques

– Le Conseil pour l’éthique de la recherche et l’intégrité scientifique de l’Université Paris-Saclay (POLÉTHIS) avait émis un avis recommandant la suspension des partenariats avec des universités israéliennes, en raison de préoccupations éthiques et juridiques. Cet avis a été retiré sur demande de la présidence de l’université, soulevant des questions sur l’indépendance des instances éthiques et le risque de complicité dans des violations des droits humains.

Cette décision, en plus de porter atteinte à la crédibilité de POLÉTHIS, envoie un signal alarmant sur la capacité de l’université à garantir un espace de réflexion éthique et juridique, protégé des pressions politiques ou économiques.

Face à ces constats, le conseil d’IUT d’Orsay demande à la présidence de l’université de s’engager publiquement en faveur de la liberté d’expression et du débat critique au sein de l’ensemble des composantes de l’université, et de garantir la mise en application de cet engagement, notamment en créant des conditions d’expression, pour tous les membres de l’université, professeurs comme étudiants, favorables à un discours pluriel et critique, sans crainte de représailles. 

L’Université Paris-Saclay ne peut se contenter d’être un lieu de transmission des savoirs et la chambre d’échos des intérêts de différents groupes qui lui sont extérieurs : dans l’éco-système complexe de notre démocratie, l’université doit continuer à exercer son rôle de défense de l’esprit critique : elle doit aussi être un espace de liberté, de débat et d’engagement. Les événements récents montrent qu’il est urgent de réaffirmer ces principes et de les traduire en actes concrets. Le conseil d’IUT s’engage à porter ces revendications et à veiller à leur mise en œuvre, pour une université à la hauteur de ses missions et de ses valeurs.

Iran : pour le droit international et la protection des populations, il faut un cessez-le-feu !

La FSU condamne fermement l’agression et l’escalade militaire engagées par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. Plusieurs centaines de morts civiles et de blessé.es sont déjà à déplorer. Rien ne permet de justifier une telle offensive : ni le droit international ni l’existence d’une menace imminente. 

Trump et Netanyahu ont fait le choix de la guerre, torpillant la diplomatie et les négociations engagées sur le dossier du nucléaire iranien. Ce faisant ces gouvernements d’extrême droite prennent la responsabilité d’un embrasement régional majeur. Cette stratégie de domination et de reconfiguration forcée du Moyen-Orient ouvre la voie à l’instabilité et à un chaos dont nul ne peut prédire les limites. La guerre s’élargit d’ores et déjà à l’ensemble des pays du Golfe, qui abritent les bases américaines. Israël bombarde le Liban et accélère encore son annexion de la Cisjordanie. Le risque est réel d’une profonde déstabilisation de l’économie mondiale, la fermeture du détroit d’Ormuz a déjà des conséquences importantes pour le commerce international. 

Le régime iranien qui réprime dans le sang les mouvements sociaux, les femmes, les syndicalistes et les forces démocratiques ne mérite aucune complaisance. Mais les expériences passées en Afghanistan, en Irak et ailleurs défendent de penser que la libération du peuple iranien et son émancipation de la dictature viendront des bombardements. Les logiques de puissance, les intérêts stratégiques et énergétiques et les rivalités internationales l’emportent manifestement sur l’intérêt et la protection des populations : l’ampleur des destructions en cours le démontre. La FSU réaffirme que l’avenir de l’Iran appartient au peuple iranien, sans ingérence extérieure, qu’elle soit militaire, économique, ou politique.

Après la guerre génocidaire menée par l’État d’Israël à Gaza et l’enlèvement de Maduro par les Etats-Unis au Vénézuéla, cette nouvelle guerre participe à l’affaiblissement généralisé du droit international et à la banalisation du recours à la force et à la guerre comme mode de régulation des conflits. La FSU se joint à celles et ceux qui demandent un cessez-le feu immédiat, la protection des populations, le retour à la diplomatie. Elle rappelle son attachement à la défense du droit du peuple iranien à disposer de lui-même et des ressources du pays et se tient au côté de celles et ceux qui, en Iran comme dans la diaspora, clament « Ni Shah, Ni Mollah ». Elle appelle le gouvernement français à agir activement pour la désescalade, à refuser toute participation ou soutien à cette intervention militaire et à porter une initiative diplomatique en faveur de la paix. 

Sur ces bases de défense de la paix, du droit international, de la démocratie et de la solidarité avec les travailleurs et les travailleuses dans le monde, elle appelle à se joindre aux mobilisations de solidarité avec la population d’Iran qui se tiendront dans les jours à venir.     

Stand Up For Science

Jeudi 26 mars, à 16 heures, de la place Jussieu au ministère, rue Descartes

Les assises du financement sont lancées. Elles annoncent et mettent en débat “la gestion des universités”, de “l’immobilier universitaire”, une “diversification des ressources et le financement compétitif” ainsi que “les enjeux des ressources humaines”. Le gouvernement aimerait en effet laisser penser que les universités sont mauvaises gestionnaires, qu’il suffirait de répondre aux appels à projets – dont les financements sont en réalité réservés à une minorité d’établissements et augmentent les inégalités de dotation sur notre territoire – et qu’une solution est toute trouvée : la hausse des frais d’inscription et les ressources propres des établissements.

Le 26 mars se tiendra la plénière de ces “assises du financement des universités”, vaste opération de communication pour éviter de répondre au manque de moyens criant dans les établissements publics dont le gouvernement a la responsabilité. Les conséquences du sous-financement sont pourtant largement visibles. Il manque 8 Md€ pour l’enseignement supérieur et 8 Md€ pour la recherche publique afin notamment de consacrer 1% du PIB à la dépense intérieure de recherche des administrations. Depuis 15 ans, le désengagement de l’État est patent et les conséquences se font sentir dans tous nos établissements en matière de formation, de recherche, de conditions de travail dégradées, de précarité accrue des personnels et des étudiant·es. Sur cette période, le nombre d’étudiant·es a progressé de 19 % tandis que le ministère maintenait au même niveau, en euros constants, sa subvention pour charge de service public. 

Nos organisations dénoncent les décisions des établissements qui se résignent à fermer des formations et à réduire les capacités d’accueil. C’est une lourde attaque contre l’offre de formation et les diplômes du service public de l’ESR qui ouvre toujours plus la voie aux formations privées et à une hausse des frais d’inscription. Faute de places et de parcours, le droit à la poursuite d’études est ainsi refusé, notamment aux non-lauréat·es aux concours pour la formation des enseignant·es.

Par ailleurs, nos organisations rappellent que les conférences, colloques ou initiatives sont de droit sur les campus et ont vocation à traiter de tous les sujets, y compris les questions concernant des conflits internationaux, l’actualité sociale ou politique sans provoquer de troubles à l’ordre public sur les campus. Nos organisations exigent le respect des libertés d’expression et académique. Le ministère doit garantir le plein respect de la liberté académique, des franchises universitaires et de la liberté de réunion, d’expression et d’opinion au sein des établissements.

Après les initiatives réussies du 10 mars, nos organisations appellent à amplifier la mobilisation. Le 26 mars, elles appellent à se réunir en assemblées générales pour envisager tous les moyens d’action pour faire échec à cette politique, à se rassembler et/ou à manifester partout dans les établissements pour le service public d’enseignement supérieur et de recherche, pour défendre les libertés d’expression et académique, et pour un financement de l’ESR public à la hauteur des missions de recherche et de formation permettant l’amélioration des conditions de travail et d’études.

Déni de démocratie à Paris Saclay

En deux occasions, la présidence de l’université a refusé l’expression démocratique de ses élus : lors de la réunion du Conseil Académique du 20 Février, puis lors de celle du Conseil d’Administration le 10 Mars.

Le 20 Février, les élu.es de la liste UHDE au Conseil Académique proposaient que soit mise au vote une motion demandant « à l’Université Paris Saclay de mettre  en œuvre les recommandations de son  comité d’éthique » POLETHIS concernant les partenariats de recherche entre l’université Paris-Saclay et les universités israéliennes (voir ici). La présidence a considéré que quel que soit le résultat du vote de cette motion, il ne ferait qu’augmenter les tensions. Dans « un souci d’apaisement » et en l’absence d’un règlement intérieur du conseil académique,  le président a fait valoir « ses fonctions de police » pour interdire le vote de cette motion.

Le 10 Mars, les élu.e.s UHDE ont quitté la réunion du Conseil d’Administration devant le refus de la présidence de mettre à l’ordre du jour la discussion des mêmes recommandations alors que cela avait été demandé en bureau, lors de la discussion de l’ordre du jour. C’est devant ce déni de démocratie qui contrevient aux principes démocratiques et de collégialité, qui sont les fondements de l’université, que les élu.e.s UHDE ont quitté la séance après avoir explicité leur position.

Être en désaccord est une chose. Refuser la discussion et le vote en est une autre qui ne nous semble pas de nature à « apaiser les tensions » bien au contraire. Au-delà de la remise en cause du travail effectué par le comité d’éthique POLETHIS, nous considérons que ces décisions autoritaires sont symptomatiques de la dégradation démocratique de l’université que nous avons eu de cesse de dénoncer depuis plusieurs années. 

Nous rappelons que la liberté académique, fondement de l’université moderne et dont tout le monde s’auto-proclame  aujourd’hui défenseur,  va de paire avec la vitalité de la vie collective et la collégialité.