8 mars : Journée internationale de lutte pour les droits des femmes
Dans l’enseignement supérieur et la recherche, engageons nous massivement dans la grève féministe et les mobilisations autour de cette journée
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Le 6 mars 18h30 : manif aux flambeaux à Massy (départ de la bourse du travail de Massy (14 rue du Chemin des Femmes)
Le 8 mars, mobilisation à Paris
- un village féministe, place Stalingrad, de 11h à 14h, avec stands, débats et animations
- une manifestation au départ de cette même place, à 14h en direction de République.
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L’ESR, un monde patriarcal marqué par des inégalités flagrantes entre les femmes et les hommes.
Une ségrégation sexuée des métiers : Dans l’ESR, la part des femmes dans les personnels chercheurs et enseignants-chercheurs est de 41%. Elles sont en revanche surreprésentées dans les personnels de soutien administratif et technique avec 62% des effectifs.
Des écarts de rémunérations et de carrières entre les femmes et les hommes :
L’inégalité salariale est générale dans tous les métiers de l’ESR.
Le salaire moyen des hommes est supérieur à celui des femmes avec des écarts qui peuvent varier selon les métiers et les statuts. Cet écart est par exemple en moyenne :
– de 6,7 % chez les enseignant·es-chercheur·ses titulaires soit 300 € net par mois.
– de 3,6 % pour les personnels chercheurs du CNRS, soit 153 € par mois
– de 11,7% pour les personnels ingénieurs, techniciens et administratifs (Its), au CNRS, soit de 391€ par mois
La précarisation des emplois contribue à aggraver les inégalités salariales : les femmes sont plus souvent contractuelles (29% contre 18%) et moins bien rémunérées que les hommes (41% d’entre elles gagnent moins de 25 000 € par an contre seulement 21% des hommes).
La politique des primes et indemnités aggrave ces inégalités
En 2023 elles représentent 15 % des salaires pour les chercheur·es et 17% pour les enseignant·es-chercheur·es . Si on considère celle du RIPEC, le montant moyen versé au titre de la part fonctionnelle, directement liée aux fonctions occupées , accuse un écart de plus de 200 € en défaveur des femmes dans les universités et plus de 700€ dans les organismes de recherche. Le principe d’une rémunération identique à poste équivalent, que garantiraient les grilles indiciaires de la fonction publique, est ainsi largement contredit par les chiffres. Un grand nombre de responsabilités, en particulier parmi les plus valorisées, reste confisqué par les hommes.
Des carrières marquées par un avantage masculin qui perdure
Les femmes demeurent, dans tous les métiers, pour toutes les catégories de personnel, toujours plus présentes parmi les corps et les grades les moins rémunérés par rapport aux hommes. Elles ont à faire face, en plus de l’organisation patriarcale de la société, à un régime d’inégalités genrées structurelles dans nos métiers qui marquent leur progression de carrière. Les normes de réussite, la disponibilité maximale, la concurrence , la répartition des tâches, le poids de tout le travail non valorisé ou invisibilisé au sein des services: autant de facteurs de discrimination genrée à l’œuvre dans nos métiers.
Ainsi, chez les enseignant·es chercheur·es, par exemple, toutes disciplines confondues, 43% des hommes et seulement 26% des femmes EC sont PU . Un homme a ainsi 1,6 fois plus de chance de devenir PU qu’une femme.
Le poids des violences sexistes et sexuelles
D’après une enquête internationale1 plus d’une femme sur quatre a eu l’expérience de harcèlement sexuel au cours de ses études ou de sa carrière. De fait, une femme a 14 fois plus de risque qu’un homme de dire avoir été victime personnellement d’agression. Les VSS sont un continuum et dans notre monde professionnel les femmes sont significativement plus victimes de ségrégation lors de leurs études, de leur thèse, et ont significativement moins reçu de marque de respect dans leur carrière.
La lutte contre les VSS requiert des moyens humains et financiers à la hauteur, notamment pour les missions égalité de nos établissements qui n’ont pas touché un centime du ministère depuis plusieurs années.
Imposer une véritable égalité professionnelle
Toutes les données qui permettent de dresser un tel état des lieux des inégalités femmes-hommes aujourd’hui dans l’ESR, sont connues, tirées de rapports du MESRI2 ou des organismes3. Mais pour s’attaquer efficacement à ces inégalités, il faut des mesures concrètesportées par des politiques publiques ambitieuses et des engagements concrets à l’opposé du budget socialement brutal et profondément sexiste adopté par 49.3 qui, loin de faire de l’égalité professionnelle une urgence concrète, la transforme en slogan vide de sens : l’austérité, est sexiste et impacte toujours plus lourdement les femmes.
L’égalité entre les femmes et les hommes ne doit plus être une promesse lointaine mais une réalité tangible, portée par des politiques publiques ambitieuses et des engagements concrets :
L’égalité professionnelle ne se négocie pas à la marge. Elle exige des politiques volontaristes, une vigilance collective mais aussi une rupture avec les normes patriarcales qui structurent notre société et les rapports sociaux de genre. L’égalité se conquiert chaque jour, et plus encore le 8 mars, face aux inerties institutionnelles, aux logiques d’austérité, aux stéréotypes et aux normes patriarcales qui les perpétuent.
Elle se conquiert en luttant contre le démantèlement des services publics (santé, éducation, logement…). Les politiques libérales privatisent les services publics et contraignent les femmes à compenser les carences auprès des enfants comme des plus âgé·e·s, des malades, des enfants et adultes handicapé·es, au détriment de leur carrière, de leur autonomie financière, de leur santé. La création de services publics notamment de la petite enfance à la hauteur des besoins et de l’autonomie tout au long de la vie et une prise en charge réelle du 4e âge sont indispensables.
Elle se conquiert en luttant contre l’extrême droite et son imposture féministe, leurs votes patriarcaux, racistes et xénophobes, tant à l’assemblée nationale qu’au parlement européen, sont opposés à toute avancée féministe.
Lutter pour les droits des femmes c’est faire entendre ces revendications essentielles pour une société égalitaire, démocratique et de justice sociale.
Les syndicats Snasub-FSU, Sncs-Fsu et Snesup-FSU de l’université Paris-Saclay appellent l’ensemble des personnels à se mobiliser le 8 mars, y compris par la grève féministe.
1 Selon l’étude A Global Approach to the Gender Gap in Mathematical, Computing, and Natural Sciences – How to Measure It, How to Reduce It? https://council.science/current/news/gender-gap-in-science-report/
2 https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/donnees-sur-la-recherche-publique-en-france-81721
3 Les références sont disponibles dans la VRS 442 : https://sncs.fr/portfolio/egalite-professionnelle-entrer-dans-le-reel/