Iran : pour le droit international et la protection des populations, il faut un cessez-le-feu !

La FSU condamne fermement l’agression et l’escalade militaire engagées par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. Plusieurs centaines de morts civiles et de blessé.es sont déjà à déplorer. Rien ne permet de justifier une telle offensive : ni le droit international ni l’existence d’une menace imminente. 

Trump et Netanyahu ont fait le choix de la guerre, torpillant la diplomatie et les négociations engagées sur le dossier du nucléaire iranien. Ce faisant ces gouvernements d’extrême droite prennent la responsabilité d’un embrasement régional majeur. Cette stratégie de domination et de reconfiguration forcée du Moyen-Orient ouvre la voie à l’instabilité et à un chaos dont nul ne peut prédire les limites. La guerre s’élargit d’ores et déjà à l’ensemble des pays du Golfe, qui abritent les bases américaines. Israël bombarde le Liban et accélère encore son annexion de la Cisjordanie. Le risque est réel d’une profonde déstabilisation de l’économie mondiale, la fermeture du détroit d’Ormuz a déjà des conséquences importantes pour le commerce international. 

Le régime iranien qui réprime dans le sang les mouvements sociaux, les femmes, les syndicalistes et les forces démocratiques ne mérite aucune complaisance. Mais les expériences passées en Afghanistan, en Irak et ailleurs défendent de penser que la libération du peuple iranien et son émancipation de la dictature viendront des bombardements. Les logiques de puissance, les intérêts stratégiques et énergétiques et les rivalités internationales l’emportent manifestement sur l’intérêt et la protection des populations : l’ampleur des destructions en cours le démontre. La FSU réaffirme que l’avenir de l’Iran appartient au peuple iranien, sans ingérence extérieure, qu’elle soit militaire, économique, ou politique.

Après la guerre génocidaire menée par l’État d’Israël à Gaza et l’enlèvement de Maduro par les Etats-Unis au Vénézuéla, cette nouvelle guerre participe à l’affaiblissement généralisé du droit international et à la banalisation du recours à la force et à la guerre comme mode de régulation des conflits. La FSU se joint à celles et ceux qui demandent un cessez-le feu immédiat, la protection des populations, le retour à la diplomatie. Elle rappelle son attachement à la défense du droit du peuple iranien à disposer de lui-même et des ressources du pays et se tient au côté de celles et ceux qui, en Iran comme dans la diaspora, clament « Ni Shah, Ni Mollah ». Elle appelle le gouvernement français à agir activement pour la désescalade, à refuser toute participation ou soutien à cette intervention militaire et à porter une initiative diplomatique en faveur de la paix. 

Sur ces bases de défense de la paix, du droit international, de la démocratie et de la solidarité avec les travailleurs et les travailleuses dans le monde, elle appelle à se joindre aux mobilisations de solidarité avec la population d’Iran qui se tiendront dans les jours à venir.     

Stand Up For Science

Jeudi 26 mars, à 16 heures, de la place Jussieu au ministère, rue Descartes

Les assises du financement sont lancées. Elles annoncent et mettent en débat “la gestion des universités”, de “l’immobilier universitaire”, une “diversification des ressources et le financement compétitif” ainsi que “les enjeux des ressources humaines”. Le gouvernement aimerait en effet laisser penser que les universités sont mauvaises gestionnaires, qu’il suffirait de répondre aux appels à projets – dont les financements sont en réalité réservés à une minorité d’établissements et augmentent les inégalités de dotation sur notre territoire – et qu’une solution est toute trouvée : la hausse des frais d’inscription et les ressources propres des établissements.

Le 26 mars se tiendra la plénière de ces “assises du financement des universités”, vaste opération de communication pour éviter de répondre au manque de moyens criant dans les établissements publics dont le gouvernement a la responsabilité. Les conséquences du sous-financement sont pourtant largement visibles. Il manque 8 Md€ pour l’enseignement supérieur et 8 Md€ pour la recherche publique afin notamment de consacrer 1% du PIB à la dépense intérieure de recherche des administrations. Depuis 15 ans, le désengagement de l’État est patent et les conséquences se font sentir dans tous nos établissements en matière de formation, de recherche, de conditions de travail dégradées, de précarité accrue des personnels et des étudiant·es. Sur cette période, le nombre d’étudiant·es a progressé de 19 % tandis que le ministère maintenait au même niveau, en euros constants, sa subvention pour charge de service public. 

Nos organisations dénoncent les décisions des établissements qui se résignent à fermer des formations et à réduire les capacités d’accueil. C’est une lourde attaque contre l’offre de formation et les diplômes du service public de l’ESR qui ouvre toujours plus la voie aux formations privées et à une hausse des frais d’inscription. Faute de places et de parcours, le droit à la poursuite d’études est ainsi refusé, notamment aux non-lauréat·es aux concours pour la formation des enseignant·es.

Par ailleurs, nos organisations rappellent que les conférences, colloques ou initiatives sont de droit sur les campus et ont vocation à traiter de tous les sujets, y compris les questions concernant des conflits internationaux, l’actualité sociale ou politique sans provoquer de troubles à l’ordre public sur les campus. Nos organisations exigent le respect des libertés d’expression et académique. Le ministère doit garantir le plein respect de la liberté académique, des franchises universitaires et de la liberté de réunion, d’expression et d’opinion au sein des établissements.

Après les initiatives réussies du 10 mars, nos organisations appellent à amplifier la mobilisation. Le 26 mars, elles appellent à se réunir en assemblées générales pour envisager tous les moyens d’action pour faire échec à cette politique, à se rassembler et/ou à manifester partout dans les établissements pour le service public d’enseignement supérieur et de recherche, pour défendre les libertés d’expression et académique, et pour un financement de l’ESR public à la hauteur des missions de recherche et de formation permettant l’amélioration des conditions de travail et d’études.

Déni de démocratie à Paris Saclay

En deux occasions, la présidence de l’université a refusé l’expression démocratique de ses élus : lors de la réunion du Conseil Académique du 20 Février, puis lors de celle du Conseil d’Administration le 10 Mars.

Le 20 Février, les élu.es de la liste UHDE au Conseil Académique proposaient que soit mise au vote une motion demandant « à l’Université Paris Saclay de mettre  en œuvre les recommandations de son  comité d’éthique » POLETHIS concernant les partenariats de recherche entre l’université Paris-Saclay et les universités israéliennes (voir ici). La présidence a considéré que quel que soit le résultat du vote de cette motion, il ne ferait qu’augmenter les tensions. Dans « un souci d’apaisement » et en l’absence d’un règlement intérieur du conseil académique,  le président a fait valoir « ses fonctions de police » pour interdire le vote de cette motion.

Le 10 Mars, les élu.e.s UHDE ont quitté la réunion du Conseil d’Administration devant le refus de la présidence de mettre à l’ordre du jour la discussion des mêmes recommandations alors que cela avait été demandé en bureau, lors de la discussion de l’ordre du jour. C’est devant ce déni de démocratie qui contrevient aux principes démocratiques et de collégialité, qui sont les fondements de l’université, que les élu.e.s UHDE ont quitté la séance après avoir explicité leur position.

Être en désaccord est une chose. Refuser la discussion et le vote en est une autre qui ne nous semble pas de nature à « apaiser les tensions » bien au contraire. Au-delà de la remise en cause du travail effectué par le comité d’éthique POLETHIS, nous considérons que ces décisions autoritaires sont symptomatiques de la dégradation démocratique de l’université que nous avons eu de cesse de dénoncer depuis plusieurs années. 

Nous rappelons que la liberté académique, fondement de l’université moderne et dont tout le monde s’auto-proclame  aujourd’hui défenseur,  va de paire avec la vitalité de la vie collective et la collégialité. 

Stand Up For Science – Vendredi 6 mars, 12h-13h “Défendre les sciences et les libertés académiques”

Vendredi 6 mars, 12h-13h : Conférence-débat à l’Université Paris-Saclay : “Défendre les sciences et les libertés académiques”. 
Salle Rosalind Franklin (rdc, IDEEV), 12 route 128, Gif sur Yvette.

Programme :
– “Pourquoi s’engager ?”, Maëla Sémery, doctorante
– “Liberté académique malmenée : causes, méthodes, conséquences et comment faire face”, Julien Gargani, directeur du centre d’Alembert
– “Science et politique, un témoignage”, Bruno Bombled, Les Ecologistes
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Le 7 mars 2025, des milliers de personnes ont manifesté dans une trentaine de villes universitaires en France pour défendre les sciences, la liberté académique et la démocratie. Cette mobilisation faisait écho aux rassemblements organisés le même jour aux États-Unis pour faire face à l’offensive de l’administration Trump contre les sciences et l’Université, d’une brutalité et d’une rapidité inédites.

Un an plus tard, ces attaques se sont renforcées. Elles sont le symptôme d’une politique antidémocratique, violente et anti-égalitaire, qui nie les faits et cherche à installer un autre régime de vérité. Et cette idéologie se répand à travers le monde, en Europe notamment et en France. Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas la laisser se normaliser.

Ce qui est en jeu dépasse la communauté scientifique. Les sciences et les savoirs sont un bien commun, fragile et précieux, plus vital que jamais pour faire face aux crises climatiques, sanitaires, sociales, politiques et économiques. Nous appelons donc à nouveau cette année à se mobiliser largement pour les défendre partout en France, pour la démocratie et notre futur.

Le 7 mars 2025, nous nous sommes levés. En 2026, le mouvement doit s’amplifier !

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Retrouvez tous les évènements Stand Up For Science 2026 ICI

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8 mars – grève féministe

8 mars : Journée internationale de lutte pour les droits des femmes

Dans l’enseignement supérieur et la recherche, engageons nous massivement dans la grève féministe et les mobilisations autour de cette journée

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Le 6 mars 18h30 manif aux flambeaux à Massy (départ de la bourse du travail de Massy (14 rue du Chemin des Femmes)

Le 8 mars, mobilisation à Paris 

  • un village féministe, place Stalingrad, de 11h à 14h, avec stands, débats et animations
  • une manifestation au départ de cette même place, à 14h en direction de République.

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L’ESR, un monde patriarcal marqué par des inégalités flagrantes entre les femmes et les hommes. 

Une ségrégation sexuée des métiers : Dans l’ESR, la part des femmes dans les personnels chercheurs et enseignants-chercheurs est de 41%. Elles sont en revanche surreprésentées dans les personnels de soutien administratif et technique avec 62% des effectifs. 

Des écarts de rémunérations et de carrières entre les femmes et les hommes :

 L’inégalité salariale est générale dans tous les métiers de l’ESR. 

Le salaire moyen des hommes est supérieur à celui des femmes avec des écarts qui peuvent varier selon les métiers et les statuts. Cet écart est par exemple en moyenne :

– de 6,7 % chez les enseignant·es-chercheur·ses titulaires soit 300 € net par mois.

– de 3,6 % pour les personnels chercheurs du CNRS, soit 153 € par mois

– de 11,7% pour les personnels ingénieurs, techniciens et administratifs (Its), au CNRS, soit de 391€ par mois

 La précarisation des emplois contribue à aggraver les inégalités salariales : les femmes sont plus souvent contractuelles (29% contre 18%) et moins bien rémunérées que les hommes (41% d’entre elles gagnent moins de 25 000 € par an contre seulement 21% des hommes).

La politique des primes et indemnités aggrave ces inégalités

En 2023 elles représentent 15 % des salaires pour les chercheur·es et 17% pour les enseignant·es-chercheur·es . Si on considère celle du RIPEC, le montant moyen versé au titre de la part fonctionnelle, directement liée aux fonctions occupées , accuse un écart de plus de 200 € en défaveur des femmes dans les universités et plus de 700€ dans les organismes de recherche. Le principe d’une rémunération identique à poste équivalent, que garantiraient les grilles indiciaires de la fonction publique, est ainsi largement contredit par les chiffres. Un grand nombre de responsabilités, en particulier parmi les plus valorisées, reste confisqué par les hommes.

Des carrières marquées par un avantage masculin qui perdure

Les femmes demeurent, dans tous les métiers, pour toutes les catégories de personnel, toujours plus présentes parmi les corps et les grades les moins rémunérés par rapport aux hommes. Elles ont à faire face, en plus de l’organisation patriarcale de la société, à un régime d’inégalités genrées structurelles dans nos métiers qui marquent leur progression de carrière. Les normes de réussite, la disponibilité maximale, la concurrence , la répartition des tâches, le poids de tout le travail non valorisé ou invisibilisé au sein des services: autant de facteurs de discrimination genrée à l’œuvre dans nos métiers.

Ainsi, chez les enseignant·es chercheur·es, par exemple, toutes disciplines confondues, 43% des hommes et seulement 26% des femmes EC sont PU . Un homme a ainsi 1,6 fois plus de chance de devenir PU qu’une femme.

Le poids des violences sexistes et sexuelles

D’après une enquête internationale1 plus d’une femme sur quatre a eu l’expérience de harcèlement sexuel au cours de ses études ou de sa carrière. De fait, une femme a 14 fois plus de risque qu’un homme de dire avoir été victime personnellement d’agression. Les VSS sont un continuum et dans notre monde professionnel les femmes sont significativement plus victimes de ségrégation lors de leurs études, de leur thèse, et ont significativement moins reçu de marque de respect dans leur carrière.

La lutte contre les VSS requiert des moyens humains et financiers à la hauteur, notamment pour les missions égalité de nos établissements qui n’ont pas touché un centime du ministère depuis plusieurs années.

Imposer une véritable égalité professionnelle 

Toutes les données qui permettent de dresser un tel état des lieux des inégalités femmes-hommes aujourd’hui dans l’ESR, sont connues, tirées de rapports du MESRI2 ou des organismes3. Mais pour s’attaquer efficacement à ces inégalités, il faut des mesures concrètesportées par des politiques publiques ambitieuses et des engagements concrets à l’opposé du budget socialement brutal et profondément sexiste adopté par 49.3 qui, loin de faire de l’égalité professionnelle une urgence concrète, la transforme en slogan vide de sens : l’austérité, est sexiste et impacte toujours plus lourdement les femmes. 

L’égalité entre les femmes et les hommes ne doit plus être une promesse lointaine mais une réalité tangible, portée par des politiques publiques ambitieuses et des engagements concrets : 

L’égalité professionnelle ne se négocie pas à la marge. Elle exige des politiques volontaristes, une vigilance collective mais aussi une rupture avec les normes patriarcales qui structurent notre société et les rapports sociaux de genre. L’égalité se conquiert chaque jour, et plus encore le 8 mars, face aux inerties institutionnelles, aux logiques d’austérité, aux stéréotypes et aux normes patriarcales qui les perpétuent.

Elle se conquiert en luttant contre le démantèlement des services publics (santé, éducation, logement…). Les politiques libérales privatisent les services publics et contraignent les femmes à compenser les carences auprès des enfants comme des plus âgé·e·s, des malades, des enfants et adultes handicapé·es, au détriment de leur carrière, de leur autonomie financière, de leur santé. La création de services publics notamment de la petite enfance à la hauteur des besoins et de l’autonomie tout au long de la vie et une prise en charge réelle du 4e âge sont indispensables.

Elle se conquiert en luttant contre l’extrême droite et son imposture féministe, leurs votes patriarcaux, racistes et xénophobes, tant à l’assemblée nationale qu’au parlement européen, sont opposés à toute avancée féministe. 


Lutter pour les droits des femmes c’est faire entendre ces revendications essentielles pour une société égalitaire, démocratique et de justice sociale. 


Les syndicats Snasub-FSU, Sncs-Fsu et Snesup-FSU de l’université Paris-Saclay appellent l’ensemble des personnels à se mobiliser le 8 mars, y compris par la grève féministe.

1 Selon l’étude A Global Approach to the Gender Gap in Mathematical, Computing, and Natural Sciences – How to Measure It, How to Reduce It? https://council.science/current/news/gender-gap-in-science-report/

2 https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/donnees-sur-la-recherche-publique-en-france-81721

3 Les références sont disponibles dans la VRS 442 : https://sncs.fr/portfolio/egalite-professionnelle-entrer-dans-le-reel/

La FSU condamne les violences et appelle à cesser l’instrumentalisation et les pressions

La FSU condamne les violences qui ont abouti à la mort de Quentin Deranque, à Lyon, le 14 février dernier.

Ce drame est aujourd’hui l’objet d’instrumentalisations dans le débat public qui fragilisent la démocratie. Dans les heures et les jours qui ont suivi le décès de Quentin Deranque, les propos réducteurs, outranciers, partiaux, y compris de la part du gouvernement, se sont multipliés. Cela ne peut qu’attiser les tensions et mettre en péril la cohésion sociale. Cela doit cesser !

C’est à la justice d’établir les faits, leur enchainement, les responsabilités à l’origine du drame, de juger et de punir sans pression ni interférence politique La FSU condamne avec la plus grande fermeté la stratégie des groupuscules d’extrême-droite qui instaurent un climat de tension dans certaines villes pour imposer leurs idées racistes et haineuses et réduire au silence les voix progressistes. Elle condamne également les atteintes aux locaux des organisations syndicales ou politiques et les intimidations ou menaces dont leurs militant⋅es sont l’objet depuis quelques jours.

La FSU dénonce aussi les tentatives répétées des militantes de l’organisation identitaire Nemesis d’investir les manifestations féministes, notamment celles du 8 mars, multipliant les provocations, afin de poursuivre leur entreprise de « normalisation » et de dénaturer les luttes féministes.

Dans un moment dangereux pour notre société et notre démocratie, la préservation de l’État de droit, le respect de la séparation des pouvoirs et du débat démocratique sont, plus que jamais, des exigences que toutes et tous doivent s’employer à faire vivre.

La FSU réaffirme son engagement contre l’extrême droite, ennemie du monde du travail et de la démocratie. Elle reste déterminée à construire l’unité d’action de celles et ceux qui défendent les solidarités et les libertés.

A Centrale Supelec comme à AgroParisTech, on musèle les étudiant.es

Le 19 janvier, une table ronde a été organisée par CentraleSupélec à destination des étudiants de l’école. Il s’agissait de rencontrer des entreprises, parmi lesquelles Dassault Aviation et Safran. Une quinzaine d’étudiants ont organisé un « comité d’accueil » en scandant « Dassault, Safran, MBDA [également partenaire de l’école], de ces partenariats on n’en veut pas ! » Dénonçant une activité qui peut porter préjudice à l’image de leur école, ils ont agi comme des étudiant.e.s et citoyen.ne.s responsables, indiquant qu’elles et ils n’exerceraient pas leur futur métier d’ingénieur dans n’importe quelle entreprise et dans n’importe quelles conditions. 

La semaine dernière, ce sont six étudiant.e.s CentraleSupélec de l’Université Paris-Saclay qui ont été convoqués par la direction générale des services et la direction juridique de l’école pour leur signifier qu’une procédure disciplinaire allait être entamée contre eux. Contre toute attente, ce sont eux qui sont accusés d’avoir porté préjudice à l’image de CentraleSupélec ! 

Nous sommes donc dans une situation où, au sein de l’Université Paris-Saclay, on empêche des étudiant.e.s d’exprimer une défiance, pourtant légitime, par rapport à des vendeurs d’armes. Loin d’établir un dialogue, l’école CentraleSupélec de l’Université Paris-Saclay choisit de remplacer toute discussion à vocation pédagogique par une procédure disciplinaire immédiate. 

Au même moment, la direction d’AgroParisTech de l’Université Paris-Saclay choisissait d’envoyer les CRS aux étudiants qui occupaient l’école. Ceux-ci n’avait pourtant pas d’autre but que de donner leur avis sur les cours qu’ils suivent et donc sur l’avenir de l’alimentation et de la nature en France.

Le message est clair, on veut brider les moindres velléités d’expression au sein de la jeunesse étudiante. Alors que les idées d’extrême droite se répandent dans le monde entier, c’est au contraire le rôle d’une université ouverte sur le monde que de soutenir celles et ceux qui veulent réfléchir à leurs responsabilités, s’exprimer, prendre en main leur avenir, celles et ceux qui proposent de construire des alternatives pour l’avenir.

Pour revendiquer leur intégration dans une université, les grandes écoles de l’Université Paris-Saclay doivent adhérer aux valeurs universitaires. Il ne s’agit pas dimposer aux élèves des subir les discours de l’agroindustrie et des industries militaires, mais de développer un libre-arbitre informé, qui a vocation à s’exprimer publiquement pour contribuer au débat citoyen.

Retrait de l’avis de Poléthis : une décision qui interroge l’éthique et le droit

Le comité d’éthique de Paris Saclay, Polethis, a émis un avis sur les partenariats de recherche entre l’université Paris-Saclay et les universités israéliennes

Cet avis a été retiré et la présidence entend ne pas suivre ses recommandations. Des collègues de l’université, spécialiste du droit, s’interrogent sur ces évolutions. 

Vous pouvez trouver leurs réflexions ici.

Paris Saclay cautionne le magazine Le Point…

Nous, personnels de l’Université Paris-Saclay, souhaitons exprimer notre vive inquiétude de voir notre université s’afficher au côté du magazine Le Point lors de l’évènement « Paris-Saclay Summit Choose Science », qui se tiendra les 18 et 19 février dans les locaux de Central Supélec.

Nous souhaitons souligner que le magazine Le Point est un journal d’opinion qui ne se conforme ni à l’examen des faits ni à l’éthique scientifique qu’il prétend promouvoir en organisant cet évènement.

  • Le magazine Le Point a été condamné plusieurs fois pour diffamation envers des personnes,
  • Le magazine Le Point fait partie des quelques médias ayant majoritairement participé à la campagne de dénigrement des universitaires en les qualifiant d’« islamo gauchistes».
  • Sous couvert de scientificité et de rationalisme, Le Point propage des idées climato-sceptiques avec un parti pris nettement pro-nucléaire non-scientifiquement étayé. Sa rédactrice en chef s’attaque régulièrement à une soit-disant « écologie politique ». Dans une vidéo à l’attention des salarié·es de l’entreprise EDF,  elle s’est récemment opposée à l’interdiction des polluants éternels.
  • M. François-Henri Pinault, propriétaire, via sa holding Artémis, du magazine Le Point, était en bonne place à l’investiture du président des États-Unis, M. Donald Trump.

Nous considérons que la participation  de l’université au Paris Saclay Summit donne une caution scientifique à un organe de propagande, très marqué politiquement et  propageant des informations qui ne font pas consensus dans la communauté scientifique (« fake news »). Pour toutes ces raisons, nous demandons aux collègues enseignant·es, chercheureuses, aux étudiant·es et au  président de l’Université Paris Saclay de reconsidérer leur participation à cet évènement.

Message du collectif Henri Moissan : santé, information, justice

Assemblée Générale le 13/02

12h à 14h, dans l’amphi 5aC du bâtiment HM5 (accès via HM4 ou HM6 puis 1er étage et passerelle)

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Bonjour à tous,

Les membres du collectif Henri Moissan vous souhaitent une bonne année 2026. 

Ce message s’adresse à toutes les personnes ayant fréquenté le bâtiment Henri Moissan même de façon occasionnelle depuis son ouverture en 2022, qu’elles soient membres du personnel, étudiants, prestataires ou externes. 

Un appel à participer à une Assemblée Générale le vendredi 13 février de 12h à 14h, dans l’amphi 5aC du bâtiment HM5 (accès via HM4 ou HM6 puis 1er étage et passerelle), afin de discuter des revendications à porter à nos tutelles. 

VENEZ NOMBREUX ! 

A cause du dysfonctionnement des centrales de traitement d’air dans HM, nous avons été involontairement exposés à des produits comprenant des CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique). Face à l’incertitude et au manque de transparence de l’université, nous craignons de ne pouvoir faire reconnaître comme maladie professionnelle ce qui pourrait nous advenir dans les années ou dizaines d’années à venir. 

1. Afin d’obtenir les résultats détaillés et précis de tous les audits et mesures réalisées avant et depuis la fermeture, ainsi que la liste exhaustive de tous les produits utilisés dans HM, nous vous conseillons de demander individuellement àservice.medical452@universite-paris-saclay.fr (coordinatrice : Dr Anne Brun) et à presidence@universite-paris-saclay.fr de les rendre public.

2. Suivant l’avis de la FS-SSCT ministérielle du 10/12/2025, nous demandons la réalisation d’un recensement complet de toutes les personnes exposées, y compris les étudiants et les personnels « de passage », recensement commencé partiellement par l’université. Selon votre situation :

Personnel de l’université actuel ou passé, si vous n’avez pas encore été convoqué par la médecine de prévention, contactez service.medical452@universite-paris-saclay.fr (coordinatrice : Dr Anne Brun).

Personnel CNRS ou INSERM, si vous n’avez pas encore été convoqué par la médecine de prévention, demandez à l’être rapidement.

Personnel de sécurité, de ménage ou du CROUS, prenez contact avec votre médecine du travail.

Etudiant, prenez contact avec le service de santé étudiant, https://www.universite-paris-saclay.fr/campus-life/consultation-medicale-de-prevention.

*Tous, mettez en copie la médecine préventive de l’université service.medical452@universite-paris-saclay.fr, demandez un certificat d’exposition et d’enregistrement dans le recensement des personnes exposées HM, une prise de sang pour numération et analyse du foie et du rein.

3. Juridiquement, les intérêts de l’université ne recouvrent pas complètement nos intérêts propres, notamment la réparation des préjudices psychologiques et physiques subis. Nous envisageons donc la possibilité d’une action en justice afin d’obtenir réparation et de mettre les responsables face à leurs responsabilités. Veuillez nous contacter si vous êtes intéressés. 

Bien cordialement, 

le bureau du collectif Moissan