Le 29 septembre, en grève pour nos salaires !

MANIFESTATION À 14h à Denfert-Rochereau
Départ collectif en manifestation jeudi, 12h30 au RER Orsay ville
Rendez-vous à 14h à Paris devant l’Indiana Café sur la place Denfert-Rochereau

Macron vient de nous annoncer la fin de l’abondance. Avec cette déclaration, il fait semblant d’avoir enfin compris qu’il est urgent de diminuer notre consommation de gaz et de pétrole pour lutter contre le réchauffement climatique…

Mais de quelle abondance parle-t-on avec une inflation de 6 % par an ? On minimise déjà notre consommation pour faire des économies… Et ce sont les plus précaires qui le paient le plus chèrement. Seule une meilleure répartition des richesses accompagnée d’une réorganisation collective de la société pourra permettre de diminuer drastiquement les émissions de CO2 sans accroître la précarité. D’ailleurs, en parallèle, les entreprises du CAC40 font des profits records, preuve que ce qu’on paie en plus va, au moins en partie, dans leurs coffres.

Après des années de gel du point d’indice, le gouvernement n’a octroyé qu’une augmentation ridicule de 3,5% du point d’indice, loin de compenser l’inflation et la perte de pouvoir d’achat accumulée. Résultat, les premiers échelons des catégories B et C sont rattrapés par le SMIC et une revalorisation de ces plus petits salaires est de plus en plus urgente.

Pour les doctorant·es, la sous-revalorisation du point d’indice par rapport à l’inflation induit une perte de revenu de 600 euros par an, soit environ un mois de loyer ! Les vacations ne sont pas toujours mensualisées et sont rémunérées sous le SMIC, comme les heures complémentaires, à un taux deux fois moindre que celui du premier échelon du corps des maîtres de conférences (41€ contre environ 80€/HETD). Les doctorant·es sont également confronté·es à de fortes inégalités de rémunération, selon les contrats et les employeurs. À cela, il faut maintenant ajouter la différence d’année de démarrage, car la Loi de Programmation de la Recherche a augmenté les rémunérations… mais seulement pour les nouveaux·elles doctorant·es, ce qui fait qu’un·e doctorant·e qui commence cette année va gagner 200€ de plus par mois qu’un·e doctorant·es en troisième année ! La revalorisation des contrats doctoraux doit être étendue à ce lles ·ux déjà en poste !

Pour revaloriser les rémunérations des enseignant·es -chercheur·ses, la LPR a introduit le RIPEC, dont le RIPEC 1 qui est une prime identique pour tous les fonctionnaires mais pas pour les contractuel·es ni les vacataires qui ont souvent des salaires plus faibles. Et les RIPEC 2 et 3 mettent en concurrence les gens du même corps, comme le RIFSEEP avant lui. On ne veut pas des primes au mérite, mais de véritables augmentations de salaires pour tous·tes, enseignant ·es-chercheur·es ou BIATSS, titulaire, contractuel·les ou vacataire !

Quant aux étudiant·es, ils et elles sont touché·es de plein fouet par une précarité qui n’a de cesse de progresser. Aujourd’hui, près d’un·e étudiant·e sur quatre vit sous le seuil de pauvreté et ils et elles voient leurs conditions d’études se détériorer : amphis bondés, passage en distanciel pour de multiples raisons, manque criant d’enseignant·es et de moyens, une sélection toujours plus forte à l’entrée de l’université et en master, la fermeture de restaurants universitaires… Tout cela dans le cadre anxieux de formations qui, loin d’avoir le droit d’être émancipatrices, sont de plus en plus orientées vers une reproduction du système capitaliste qui montre plus que jamais ses dangers.

Décidément, de quelle abondance parle-t-on ?

MANIFESTATION À 14h à Denfert-Rochereau
Départ collectif en manifestation jeudi, 12h30 au RER Orsay ville
Rendez-vous à 14h à Paris devant l’Indiana Café sur la place Denfert-Rochereau

Coll·Doc, FSU, la CGT, Sud éducation, UNEF

Paris Saclay prête à accueillir les étudiants ? Pas vraiment…

Pendant l’été, le béton a encore bien poussé sur le plateau de Saclay. Avec l’arrivée de l’AgroParitech (3500 étudiants et personnels),  et du pôle BPC (Biologie-Pharmacie-Chimie :3300 étudiants), ce sont des milliers d’étudiants qui vont s’ajouter au cours du mois de septembre. 

L’université est-elle vraiment prête à les accueillir ?

Les problèmes de transport s’amplifient : suite à un appel d’offre, l’entreprise de gestion des bus a changé. On y manque de chauffeurs de bus, ceux-ci démissionnent et sont très souvent absents. A se demander si on n’a pas une fois de plus choisi l’entreprise la moins chère, sans se demander si ce n’était pas au détriment des salaires, des conditions de travail des salariés et de la prestation aux usagers…

Le plateau se remplit donc de voitures alors que les structures, routes et parkings (payants !!) ne sont pas adaptés. Et qu’on ne nous resserve pas la prochaine arrivée de la ligne 18 qui ne sera pas opérationnelle tout de suite et ne résoudra pas les problèmes [https://nonalaligne18.fr/].  À quand une flotte de vélos, une infrastructure et des transports publics à la hauteur des besoins ?

La restauration est déjà un problème criant dans la vallée depuis l’année dernière au moins avec de nombreux étudiants qui ont choisi d’arrêter de se nourrir le midi devant la longueur de la queue et le prix des food-truck et autres cafétérias. Le plateau prend le même chemin avec des restaurants universitaires sous-dimensionnés. Il y aura un CROUS de 1000 repas/jour à BPC pour un effectif annoncé de 3300 étudiants et 1400 personnels. Celui qui va remplacer le CESFO fera 800 repas par jour, soit à peine plus que l’actuel CESFO (600) et ce malgré l’arrivée massive de personnels. À quand une offre de restauration sociale à la hauteur des besoins ?

Une conséquence ? La rentrée de BPC se fera partiellement à distance. La honte !La silicon valley à la française, c’est vraiment que du bling-bling !

CollDoc se mobilise pour obtenir l’exonération des frais d’inscription pour les doctorant·es et s’assurer de la mensualisation des vacations !

CollDoc, le collectif des travailleur·ses précaires de l’Université Paris-Saclay, se mobilise pour obtenir l’exonération des frais d’inscription et s’assurer de la mensualisation des vacations !

Suite à notre lettre ouverte adressée à la Maison du Doctorat ainsi qu’aux responsables des ED, un rendez-vous nous a été proposé.

Quatre arguments nous semblent justifier l’exonération des frais d’inscription :

1/ les doctorant·es, financé·es ou non, sont des travailleur·ses, assurant tant des charges d’enseignement que garantissant la visibilité académique de l’université du point de vue de la recherche. Il n’est pas légitime de devoir payer pour pouvoir travailler.

2/ les doctorant·es sont des travailleur·ses au statut précaire et destiné·es à toujours plus de difficultés financières : vacations payées en dessous du SMIC, revalorisation seulement partielle du minimum des contrats doctoraux pour celles et ceux qui en ont, travail gratuit tant en termes de corrections de copies indues ou de surveillances d’examens non rattachés à nos enseignements que du point de vue du temps de travail réel correspondant à une heure de TD. Sur ce point, les équivalences officielles sont qu’une heure de TD correspond à 4,2 heures de travail réel. En raison notamment de l’augmentation continue du nombre d’étudiant·es, il s’agit d’une sous-estimation de plus en plus importante du temps de travail réel (qui affecte également les enseignant·es-chercheur·ses titulaires !). Rappelons enfin que les contrats de thèse sont généralement de trois ans tandis que la durée réelle moyenne des thèses est de 6 à 7 ans. En moyenne, nous travaillons la moitié du temps de thèse gratuitement.

3/ la reprise de l’inflation nous a déjà fait perdre plus de 1000 euros de pouvoir d’achat sur l’année 2022-2023, et ce montant est voué à augmenter toujours plus dans la mesure où les prix ne sont pas prêts de se stabiliser.

4/ il est possible de s’inspirer des dispositifs mis en place par des universités comme Paris Nanterre ou Paris 1. Si cela a été possible là-bas, pourquoi pas Saclay, l’une des premières universités au classement de Shanghai ?

Si vous partagez notre position, vous pouvez signer la lettre et la faire signer pour manifester le soutien des doctorant·es à cette demande : https://colldoc.fr/lettre-ouverte-pour-une-exoneration-des-frais-dinscription-au-doctorat/

Sur la question des vacations, nous organisons un recensement à l’échelle de l’université des statuts des vacataires, CEV, ATV, doctorant·es financé·es et inscrit·es à Saclay, non financé·es et inscrit·es à Saclay, non inscrit·es à Saclay, ou encore docteur·ses sans poste. Si vous voulez nous aider dans cette tâche, vous pourriez poser la question suivante à vos directeur·ices de département :

Quelle est la structure de la population des vacataires dans le département de XXX ? Combien y a-t-il de vacataires ? Quelle proportion de CEV ? Quelle proportion de doctorant·es inscrit à Saclay et financé ? Quelle proportion de doctorant·es inscrit à Saclay et non financé ? Quelle proportion d’ATV non inscrit en thèse à Saclay, c’est-à-dire les doctorant·es inscrits ailleurs qui viennent faire des vacations et les docteurs sans poste qui y trouvent de quoi tenir en attendant le recrutement ? Parmi les vacataires doctorants inscrits à saclay et donc financé, quelle est la nature des financements ?

Et envoyer les informations recueillies sur contact@colldoc.fr.

Le collectif s’alerte également du nombre de personnes qui nous ont contacté·es pour nous rapporter des situations professionnelles extrêmement difficiles. La même adresse contact@colldoc.fr peut être utilisée si vous ou des proches se retrouvent face à des problèmes liés aux conditions d’encadrement, de travail ou de rémunération. En particulier, en cas de non-respect de l’obligation légale de mensualisation des vacations, n’hésitez pas à vous adresser à nous.

En solidarité,
Pour le collectif CollDoc.

RIPEC 3 : au cœur de l’usine à gaz

La CCEC (Commission des Carrières des Enseignants Chercheurs) s’est réunie pour examiner les candidatures à la prime C3 du RIPEC (régime indemnitaire des personnels EC). Il s’agissait de donner un avis local avant d’envoyer les dossiers au CNU qui donnera un autre avis avant de les renvoyer à l’université où un comité statuera pour conseiller la présidence qui prendra la décision in fine.

Vous trouvez ça compliqué ? La FSU aussi. Les élus des listes UHDE ont  donc commencé la réunion par une déclaration que vous trouverez ci-dessous rappelant la position des syndicats FSU :   
– en règle général, la FSU demande à ce que les primes soient intégrées dans le salaire et à ce que les augmentations de salaire se fassent via une augmentation du point d’indice    – cette procédure est une usine à gaz. Elle génère du travail inutile puisque tous les dossiers seront examinés  trois fois, deux fois en local et une fois au CNU   
– elle privilégie le localisme qui  favorise le défaut de neutralité et les conflits d’intérêt. Pour éviter ces écueils, les dossiers sont parfois confiés à des collègues non spécialiste et on risque alors l’incompétence thématique.   
– les élus ont donc proposé de continuer comme les années précédentes en confiant l’évaluation des dossiers au seul CNU en  mettant un avis « très favorable » à tous les dossiers.
Cette proposition a été accueillie non par un débat  argumenté et contradictoire, comme on pourrait l’attendre dans une instance démocratique, ou à défaut, collégiale, mais par des leçons de morale et en mettant en cause l’éthique, et le sérieux des élus.  Le vote sur la proposition de « mettre la mention  très favorable à toutes les candidatures » a pourtant montré que cette proposition  était considérée sérieusement par les membres du conseil puisque le résultat a été très partagé : 12 oui, 12 non, 2  abstentions et 2 refus de vote.          
Un second vote a eu lieu après une interruption de séance  qui a permis d’augmenter la pression sur ceux qui avaient voté de manière « déraisonnable » et a mené à 10 oui, 13 non, 3 abstention et 2 refus de vote. 
Il a donc fallu « examiner les candidatures » une par  une, parodie d’examen par les pairs qu’un tableur aurait pu faire tout seul : pour chaque candidature  le meilleur des avis donnés par chacun des deux  rapporteurs sur chacun des 3  points recherche, enseignement et charges collectives a été attribué au dossier  : Réservé, Favorable, Très Favorable, sauf dans  le cas où les deux avis des rapporteurs étaient Réservé et Très Favorable dans ce cas l’avis transmis a été  Favorable.
Nous maintenons qu’il faut parfois refuser d’effectuer  un travail lorsqu’il est inutile et injuste et qu’un examen des candidatures par le CNU est tout à fait raisonnable, c’est d’ailleurs de cette façon que nous fonctionnions depuis des années.           

 Déclaration des élus FSU 
Je ne vais pas rappeler la position de la FSU sur les primes en général et sur la revalorisation des salaires car je pense que vous la connaissez.
Depuis cette année, la procédure d’attribution de primes individuelles a été modifiée dans le cadre du  RIPEC. Il revient désormais aux universités d’organiser des évaluations en plus de celles réalisées par le CNU.
Néanmoins, depuis la mise en place de la PES, devenue ensuite PEDR, Paris-Sud  avait fait le choix de s’en remettre au CNU pour les évaluations des dossiers. Choix qui a perduré après la dissolution de L’Univ. Paris-Sud dans L’Univ. Paris Saclay.
A notre avis, ce choix permet de diminuer les effets du localisme qui sont :  le défaut de neutralité,  la présence de conflits d’intérêts,l’incompétence thématique (au sens des disciplines CNU) et la méconnaissance des conditions de travail dans lesautres composantes. Il permet aussi d’éviter une surcharge de travail des collègues liée aux  demandes d’évaluationtoujours plus nombreuses.
Nous proposons de continuer de cette façon et pour cela de transmettre les dossiers au CNU avec un avis « très favorable » à tous les dossiers.
Nous sommes ainsi strictement « légalistes » et amplement « bienveillants ». (ces termes avaient été employés par Souhil Megherbi au début de la réunion pour indiquer l’esprit dans lequel les dossiers allaient être jugés)
Nous souhaitons aussi insister sur le fait que la nouvelle procédure a été mis en place dans un calendrier  très contraint et qu’à notre connaissance, la traduction  locale des critères et les modalités d’attribution de ces nouvelles primes n’ont pas été clairement définis. En effet plusieurs questions se posent quant à la traductions  locale des lignes directrices de gestions ministérielles, comme concernant les montants et le nombre d’attributions par corps et par grade et ainsi que par genre par exemple ainsi que l’interaction de la prime C3 avec la C2. Nous souhaiterions donc savoir quelle sont les procédures qui seront appliquées à l’Université Paris Saclay pour l’attribution de la prime C3.

Habemus ministram!

L’excellence, à quel prix?

Sylvie Retailleau, présidente de l’Université Paris Saclay, est nommée ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Rien de surprenant après sa participation active à la préparation de la Loi de Programmation de la Recherche par l’écriture d’un des rapports initiaux [https://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/loi_programmation_pluriannuelle/45/9/RAPPORT_FINAL_GT1_-_Financement_de_la_recherche_1178459.pdf] et plus généralement vu son fidèle soutien dès son élection à la tête de l’université Paris-Sud en 2016 aux contre-réformes qui ont frappé l’ESR. En particulier l’emblématique méga-fusion ayant abouti à « l’université » Paris-Saclay, fusion menée à un train d’enfer sans les moyens humains ni financiers suffisants (sauf pour payer du béton).
Le statut dérogatoire de cet établissement a installé une gouvernance centralisée provoquant l’effacement de la démocratie universitaire au profit d’un fonctionnement autoritaire qui a permis de profondes mutations:
la mise en place d’une université à deux vitesses : les licences ordinaires, réunies dans une « école universitaire », sont exclues de fait du périmètre d’excellence qui délivre un diplôme dûment estampillé « université Paris-Saclay » ;
l’augmentation de la précarité par le recrutement sur tous les nouveaux postes hors statut comme par exemple les fameuses Chaires Professeur Junior (CPJ) qui entérinent le principe des « tenure tracks » anglo-saxons ;
la mise en avant de la « marque Paris-Saclay » ramenant l’université à une simple marchandise, passant par pertes et profits service public et universalisme.

Paris-Saclay est présentée comme le laboratoire de l’université de la start-up nation. Sélection, bétonisation massive, complexification des procédures, perte du lien, perte de sens, le tout sans moyens humains. Loin de créer « l’excellence », Paris Saclay est un désastre humain et écologique Cela a été illustré de manière concrète et indépendante par une expertise agréée sur les impacts sur les personnels de la création de l’Université Paris-Saclay, menée par le cabinet DEGEST, qui a révélé un bilan horrifique Citons quelques témoignages d’agent·es qui sont remontés dans ce rapport :
    « Il y a un gros malaise, les gens sont mal psychologiquement, il n’y a plus de motivation, plus d’envie de venir. Les gens se rendent malades, les gens ont mal au dos, les gens ont des maux physiques dus aux maux psychologiques, il y a beaucoup de personnes qui sont mal… dont moi… je suis très mal. Ils arrivent à nous démotiver totalement. »
    « On a une administration qui est épuisée dans sa majorité : physiquement et psychologiquement. Beaucoup de départs en burn out, de directeurs qui
craquent. »

Qu’a fait Sylvie Retailleau à la publication de ce rapport il y a plus d’un an ? Protéger ses personnels ? Mettre en place des modifications structurelles pour répondre aux besoins des agent·es qui œuvrent chaque jour à tenir cette université à bout de bras, malgré la perte de sens de leur travail, la surcharge de travail ? Non. Le plan d’actions de mars 2022 se contente de peu, comme des actions de communication, des formations au management ou autres coaching, bien loin de la réalité et du travail sur le terrain.

Mais Sylvie Retailleau, lors de discussions avec les personnels de l’université a souvent invoqué le pressions ou le poids du ministère. Par exemple, dans le cas des CPJ, c’était le ministère qui imposait ces postes précaires et un calendrier à marche forcée. Sylvie Retailleau a même admis que des postes statutaires seraient plus souhaitables et nécessaires. Autre exemple côté vie du campus : depuis la rentrée de septembre 2021, le nombre de places dans le seul restaurant universitaire de la Vallée où se restaurent des milliers d’étudiants, est très largement insuffisant et le temps imparti pour le repas ne permet pas de faire les queues interminables qui en découlent. Sylvie Retailleau rejetait la responsabilité de cette situation sur le CROUS et le ministère.

Maintenant qu’elle est ministre, elle va donc pouvoir transformer ses paroles en acte. Chiche?

RIPEC mardi 31 Mai à la CCEC

Le volet C3 du RIPEC (voir ci-dessous) est à l’ordre du jour de la Commission Consultative de Enseignants Chercheurs (CCEC) de demain mardi 31 mai.

À cette occasion, nous vous rappelons les revendications de la FSU Paris-Saclaysur ce point:Lors de la mise en place des parts C2 et C3 du RIPEC, nous demandons a minima :

  • de récompenser l’investissement collectif plutôt que toute forme d’allégeance
  • qu’un maximum d’agent·es puisse en bénéficier, et ce de façon égalitaire, en terme de montant et du nombre de primes attribuées,  notamment entre les femmes et les hommes comme entre les maître·sses de conférences/chargé·es de recherche et professeur·es/directeur·ices de recherche
  • que, dans l’attribution des primes, la présidence suive les recommandations du CNU et du Conseil Académique pour les enseignant·es-chercheur·ses, et les présidents d’organismes de recherche mettent en place des commissions réellement indépendantes.

Ainsi que de neutraliser la très discutable première étape locale du C3 en transmettant tous les dossiers directement au CNU avec une évaluation systématiquement « très favorable »
Pour soutenir cette position, vous pouvez encore signer cette pétition

Alerte sur l’impact de la réforme du lycée sur la formation en mathématique

Lors de l’année scolaire 2021-2022  la Société Mathématiques de France et le collectif des associations et sociétés savantes de mathématiques et de sciences ont publié un ensemble de communiqués sur l’impact de la réforme  du lycée sur la formation en mathématique et en science.L’ensemble de ces communiqués sont disponibles sur le site de la SMF. 

En particulier iels alertent sur l’effet catastrophique de cette réforme quant à  la place des filles en mathématique et en sciences dans les classes de première et terminale.
Un travail de synthèse qui a été présenté lors des JLU (Journées Lycée-Université) est disponible ici.

Ce que cache le RIPEC

SOUTENEZ LA PETITION POUR UNE EVALUATION UNIFORME « TRES FAVORABLE » AU NIVEAU LOCAL DU VOLET C3 DU RIPEC

Le nouveau système de primes pour les enseignant·es-chercheur·ses chercheur·ses issu de la Loi de Programmation de la Recherche (LPR), appelé RIPEC, est en train d’être mis en place. Notre position est détaillée en bas du texte.


Ce système de primes comporte 3 volets :

  1. une indemnité « C1 » liée au statut 
  1. une indemnité « C2 » liée à la fonction (directeur·rice de labo, responsable de filière d’enseignement, …).
  1. une prime individuelle « C3 », sur candidature, remplaçant la PEDR, sur des critères de contributions scientifiques, pédagogiques, ou d’investissement dans les tâches collectives.

Concernant la part C3, la procédure prévoit une évaluation par des rapporteurs de l’université, puis par le CNU, puis à nouveau par une commission interne à l’université. Cette procédure nous parait être une usine à gaz puisque les dossiers seront évalués deux fois et par plusieurs rapporteurs. Par ailleurs, elle va générer un défaut de neutralité puisque nous connaissons la majorité des collègues concernés, et c’est pourquoi l’université Paris-Sud avait décidé de confier l’évaluation des PES puis PEDR au CNU. Nous proposons donc de mettre uniformément un avis local « très favorable » à tous les dossiers et de laisser travailler les collègues des sections CNU, comme auparavant. Pour soutenir cette position, vous pouvez signer cette pétition


Notre position 
Ce système est présenté comme une revalorisation des rémunérations, avec des primes certes plus élevées que dans le système précédent. Mais elles cachent une individualisation de la rémunération, qui s’oppose au dégel du point d’indice que nous revendiquons depuis plus de 10 ans. Cette individualisation va de pair avec la casse des statuts, de manière cohérente avec la mise en place des chaires de professeur junior (CPJ). Il faut en effet laisser la place à une gestion locale, à l’arbitraire, en donnant tout pouvoir aux présidences, et donc réduire les instances nationales à des coquilles vides. La « réforme » du Comité national du CNRS va dans ce sens.Ces primes détruisent également les collectifs de travail et le service de l’intérêt général. Parmi les effets délétères, nous relevons notamment les points suivants :

  • la part dite « statutaire » ne sera pas du tout versée aux personnels contractuels qui sont par ailleurs de plus en plus nombreux et effectuent pourtant le même travail
  • rien n’est prévu pour les personnels PRAG et PRCE
  • les autres parts contribuent à renforcer la mise en concurrence des personnels, déjà exacerbée par le manque de moyens et le financement par projets ; elles renforceront les différences de salaires déjà constatées entre les femmes et les hommes.

Un système similaire, le RIFSEEP, a été mis en place en 2014 pour les personnels BIATSS. Il avait l’objectif de simplifier le régime indemnitaire pour faire disparaître la référence aux primes statutaires. L’objectif d’aller vers l’individualisation des rémunérations implique de démonter toutes les références aux grilles, donc in fine aux carrières qui étaient cadrées par les corps et les statuts.Comme le C2 du RIPEC, une part de la rémunération des BIATSS (IFSE) est liée à l’emploi occupé et est clairement identifiée comme telle, ce qui la rend variable entre agents ayant pourtant les mêmes statuts et qualifications. Il en résulte une concurrence entre agents et le développement d’un sentiment d’injustice.    Le gouvernement poursuit cette politique destructrice. Tout récemment la conclusion de la conférence sur les salaires de la ministre Mme de Montchalin avance vers le « salaire trinôme ». C’est la même approche que pour les primes, une part de la rémunération serait liée à l’emploi occupé. Dans ce cadre l’entretien annuel deviendrait le véritable outil de management pour fixer les objectifs qualitatifs et quantitatifs de chaque agent, donnant lieu ensuite à une indemnité propre à l’agent.


Lors de la mise en place des parts C2 et C3 du RIPEC, nous demandons a minima :

  • de récompenser l’investissement collectif plutôt que toute forme d’allégeance
  • qu’un maximum d’agent·es puisse en bénéficier, et ce de façon égalitaire, en terme de montant et du nombre de primes attribuées,  notamment entre les femmes et les hommes comme entre les maître·sses de conférences/chargé·es de recherche et professeur·es/directeur·ices de recherche
  • que, dans l’attribution des primes, la présidence suive les recommandations du CNU et du Conseil Académique pour les enseignant·es-chercheur·ses, et les présidents d’organismes de recherche mettent en place des commissions réellement indépendantes.

Mais au delà du RIPEC, nous dénonçons tout système de prime, qui accroît les inégalités de traitement, exacerbe la concurrence, dégrade les collectifs de travail et détruit encore plus le cadre national de la rémunération des enseignant·es-chercheur·ses et chercheur·ses. La FSU demande plus que jamais une intégration des primes dans le traitement indiciaire, de façon égalitaire entre tou·tes les agent·es, des promotions pour les collègues qui exercent des fonctions relevant d’un grade supérieur, et une véritable revalorisation du point d’indice permettant de compenser la perte de niveau de vie de ces douze dernières années.

Visite ministérielle le 16 Mai

VISITE MINISTERIELLE LE 16 MAI
Les ministres européens auraient-ils peur de croiser étudiants et personnels ?

Nous avons appris via la presse qu’une rencontre entre des ministres européens  et les autorités américaines aura lieu sur l’université les 15 et 16 mai sur les sujets du commerce et des technologies. 
Une fois de plus, les étudiant.e.s et  personnels de l’université n’ont pas été informés alors que des  difficultés de circulation vont forcément advenir.  Seuls les étudiant.e.s et personnels de  l’ENS et du C2N sont ont été avertis, mais en leur demandant de rester chez eux ce jourlà pour laisser le champ libre aux ministres. Cet événement nous rappelle la visite du président en mai 2020 lors de laquelle des personnels et  des étudiant.e.s avaient été empêché.e.s de rejoindre leurs cours et laboratoires sans aucun préavis
De plus, pourquoi organiser cette réunion dans une université sans rencontrer les personnes qui y travaillent ou y étudient ?  L’université c’est essentiellement ces personnes.  Nos dirigeants ont-ils peur de nous rencontrer ?

FSU : Site national — FSU : Site Paris-Saclay Dans les instances avec les listes UHDE (Pour une université Humaniste, Démocratique et Ecologique) soutenues par la CGT et la FSU

Message de la part du nouveau collectif de travailleur·ses précaires (CollDoc)

Bonjour à toutes et tous,

Relevant de différents statuts précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche, notamment doctorant·es et post-doctorant·es en ingénierie, économie, informatique, sociologie, physique, science politique, mathématique, histoire ou encore biologie, nous fondons le collectif des travailleur·ses précaires de Paris-Saclay (CollDoc) pour nous mettre en contact, échanger sur nos conditions de vie, de travail et d’études, réfléchir ensemble à nos revendications et à nos moyens d’actions.

Le 5 avril a lieu la première assemblée générale. Une cinquantaine de personnes étaient présentes, relevant des différents sites de l’université.Un communiqué a été écrit suite à cette AG, sur la base des différents éléments discutés. Si vous en partagez les constats, nous vous invitons à le signer (https://colldoc.fr/communique-petition-mobilisons-nous/) et à le diffuser le plus largement possible pour manifester votre soutien. Déjà 129 collègues relevant de statuts divers (dont une majorité de doctorant·es) ont validé ce communiqué !

N’hésitez pas également à remplir notre formulaire de contact (https://colldocfr/nous-rejoindre/) si vous souhaitez nous filer un coup de main, participer aux réunions d’organisation et prévoir les prochaines étapes avec nous.

Enfin, nous publions sur notre site des brèves de précaires, dont il sera bientôt possible d’en faire une extraction sous format pdf afin de les imprimer facilement et les afficher sur nos lieux de travail. Vous avez également la possibilité de proposer vos propres brèves de précaires (https://colldoc.fr/proposer-une-breve/), que nous ne publierons sur le site qu’avec votre accord explicite.

Enfin, pour toute remarque, critique, autres points de revendications ou moyens d’actions à suggérer, vous pouvez nous contacter sur contact@colldoc.fr. Si par ailleurs vous, ou des collègues autour de vous, font face à des situations compliquées, ou d’abus manifeste, n’hésitez pas à solliciter notre aide. Nous mettrons tout en œuvre pour vous épauler.

En solidarité,
Pour le collectif