Au Conseil d’Administration de demain, mardi 2 décembre, sera discuté le projet de design institutionnel proposé par la présidence de l’Université Paris Saclay. Depuis des mois, les élu.es UHDE alertent sur ce projet et essaient de proposer des alternatives. Les présidents des Universités d’Evry et d’UVSQ ont écrit une lettre ouverte qui soulève aussi des questions sur ce projet. La voici pour votre information.
Chères et Chers Collègues,
Je vous joins une lettre cosignée par le Président de l’Université Versailles Saint-Quentin (UVSQ) et le Président de l’Université Evry Paris-Saclay.
Loïc JOSSERAN, Président de l’UVSQ et moi-même souhaitons un sursaut de la gouvernance de l’Université Paris-Saclay pour préserver le collectif en associant véritablement toutes les parties prenantes et trouver des compromis favorisant une réussite du projet à moyen et long terme. Cette lettre vient après de nombreux efforts pour instaurer un dialogue respectueux des institutions des trois universités.
Nous avons fait le choix de la présenter et de la discuter en Conseil d’administration ce mardi 18 novembre, en présence de Loïc JOSSERAN. Et c’est dans une démarche de transparence que je vous la transmets.
Les personnels de l’Université Evry Paris Saclay sont collectivement attachés au projet du Grand établissement, et nous y prenons pleinement part comme le démontre notre représentation dans les différentes instances.
A regret, aujourd’hui les conditions d’un travail collectif ne sont pas réunies pour faire aboutir le projet au regard de nos valeurs et des ambitions communes.
Dès 2023, nous nous sommes mobilisés avec la précédente présidence de Paris-Saclay, exercée par Estelle IACONA, afin d’opérer une sortie de l’établissement expérimental vers le Grand établissement. Ce travail conséquent nous avait permis d’aboutir à un schéma quasi définitif, qui a connu un temps d’arrêt en raison de la crise institutionnelle de l’Université Paris-Saclay. Les élections de janvier 2024 ont modifié les équilibres au sein des instances de l’Université Paris-Saclay, particulièrement au sein du CA. Nous avons fait le choix d’accompagner la volonté de redonner une part de compétences plus grande et plus visible au périmètre employeur de Saclay.
En parallèle, la gouvernance d’Evry a insisté sur l’importance de conserver la trajectoire du projet fondé sur le respect des différents établissements, une élaboration collective de la sortie du projet et le maintien d’une formation commune et d’une recherche unifiée sous la marque Université Paris-Saclay.
Malgré nos avertissements et nos oppositions, le projet a évolué en profondeur, en étant mis parfois devant le fait accompli :
- Remise en cause des licences communes portées par les équipes pédagogiques;
- Remise en cause de l’accréditation par l’Ecole universitaire premier cycle aussi, écartant le premier cycle d’Evry Paris-Saclay d’une intégration dans l’Université Paris-Saclay;
- Modification de la composition du Conseil d’administration. Les personnels de l’Université Evry Paris-Saclay et de l’UVSQ ne sont plus électeurs ni éligibles. La contrepartie était la présence des deux présidents des Universités membres associés (UMA) dans le Conseil d’administration. Quelques heures avant la présentation du projet au mois de juillet, nous avons appris que les présidents ne participeraient pas à l’élection du Président de l’Université Paris-Saclay.
Le CA de l’Université Paris-Saclay devait se prononcer le 8 juillet sur le design institutionnel, incluant l’architecture institutionnelle du futur grand établissement. Dans un souci de construction, les présidents des deux UMA n’ont pas bloqué le processus démocratique, dont les résultats témoignent d’une incompréhension des votants : 17 voix pour, 15 voix contre, 5 abstentions. En réponse, la Gouvernance de Paris-Saclay s’est engagée à mettre en place une méthode plus concertée. A ce jour, elle n’est pas arrivée, bien au contraire.
Un nouveau document va être débattu mercredi soir, 19 novembre 2025, pour compléter le design institutionnel du 8 juillet 2025. Les présidents des deux UMA n’ont pu en prendre connaissance que le vendredi 14 novembre, dans un délai insuffisant pour en débattre avec les instances centrales de nos établissements respectifs, sachant que les marges de manœuvre sur l’évolution du document sont réduites.
Le document qui sera présenté accentue un déséquilibre des pouvoirs au détriment des UMA.
Ainsi, sans échanges approfondis, le nom d’usage de l’Université Evry Paris-Saclay est remis en cause, la signature commune des articles scientifiques est conditionnée, la capacité des personnels des UMA à être correctement représentés à la CFVU, CR et CAc de Saclay disparaîtrait alors que tous les masters et les doctorats d’Evry et de Versailles sont accrédités Paris Saclay et que l’avenir des diplômes y sont discutés.
Un équilibre est encore possible à la condition d’accepter de considérer chaque établissement comme un partenaire à part entière et en lui garantissant les moyens de participer réellement à la prise de décision. Ceci passe par un changement de méthode et des évolutions sur le Design institutionnel.
Je vous souhaite une bonne fin de journée.