Nous lisons avec stupeur, dans un message destinés aux lauréat·es des contrats doctoraux d’une école doctorale de l’Université Paris-Saclay :
« Si ce n’est pas déjà fait, nous vous engageons à entreprendre au plus vite les démarches auprès du Fonctionnaire Sécurité Défense dont dépend votre laboratoire. L’avis FSD sera attendu pour tous les doctorants au moment de l’inscription en thèse. »
Nous rappelons que le Fonctionnaire Sécurité Défense (FSD) décide de façon discrétionnaire, arbitraire, non argumentée ni opposable, qui peut être autorisé ou non à travailler dans un laboratoire, et sur quels sujets de recherche. Cela est obligatoire pour les laboratoires ou équipes placées en Zone à Régime Restrictif (ZRR), ce qui est déjà critiquable en soi, comme le montre de nombreuses dérives (voir par exemple https://smf.emath.fr/actualites-smf/zrr-suite, https://www.sudouest.fr/gironde/bordeaux/bordeaux-une-chercheuse-interdite-d-acces-a-son-laboratoire-en-raison-de-ses-engagements-ecologistes-24591937.php ou encore https://cgt.fercsup.net/l-echo-du-sup/echo-du-sup-no-8-dossier-le-tout-securitaire-dans-l-enseignement-superieur-et/article/le-piege-des-zrr-entretien-avec-un-collegue).
Le message de cette école doctorale conditionne l’inscription de ses futur·es doctorant·es à demander une validation auprès du FSD pour la signature de leur contrat doctoral, et ce y compris pour des laboratoires ou équipes qui ne sont pas en ZRR. Cela constitue un débordement du rôle du FSD, et représente une suspicion généralisée, qui ouvre la porte à toutes sortes de sélection arbitraire.
Nous demandons à la présidence de l’université des éclaircissements quant à cette demande. Il est évident que cela constitue une dérive, d’autant plus en imposant cela à de jeunes collègues précaires qui prendront de gros risques en n’accédant pas à la demande. En particulier, nous demandons donc à savoir quels textes permettent de mettre en place de telles dispositions, s’il est obligatoire pour l’université de le faire et où la décision a été prise de mettre en place ce dispositif.
Nous invitons les collègues concerné·es (futur·es doctorant·es et encadrant·es) à prendre contact avec nous pour lutter collectivement contre cet abus, en écrivant à <snesup-fsu.syndicat@u-psud.fr>.
