Contre les violences faites aux femmes

Manifestation contre les violences faites aux femmes

Samedi 25 novembre, 14h à Nation

Les violences faites aux femmes sont l’une des violations des droits humains les plus répandues dans le monde. Les violences sexistes et sexuelles traversent toutes les sociétés, les classes sociales, tous les espaces (privé, travail, école…) et sont systématiquement exacerbées dans les pays en conflits armés où les viols et les meurtres de femmes deviennent des armes de guerre.  

L’enseignement supérieur et la Recherche sont loin d’être épargnés. Les mobilisations récentes ainsi que les dysfonctionnements multiples dans le traitement des affaires de violences sexistes et sexuelles (VSS) au sein de nos établissements montrent la nécessité de l’action syndicale afin d’obliger les chef·fes d’établissements à un devoir d’exemplarité et de tolérance zéro en la matière.

La FSU accompagne au quotidien nombre de victimes. Elle exige un financement ambitieux des cellules d’écoute et des cellules VSS dans les établissements d’Enseignement supérieur en dehors d’un appel à projets et la mise en place effective de formations pour protéger et accompagner les agent·es et les étudiant·es sur l’ensemble du territoire.

Grand établissement – Grosse fatigue

Il y a quatre ans, l’université Paris Saclay devenait un établissement expérimental. À cette occasion, le cabinet DEGEST remettait un rapport extrêmement préoccupant sur la situation de tous les personnels.

Mais avant d’avoir résolu les problèmes de risques psycho-sociaux ou même avancé sur la question, la présidence de l’université a entamé le passage au statut de Grand Établissement. Le calendrier imposé par la présidence de l’université permettra d’entériner ce changement avant l’élection d’une nouvelle présidence dans quelques mois. Pourtant, ce passage au Grand Établissement n’est pas anodin. Le statut de Grand Établissement permet de s’affranchir de nombreuses règles imposées par le Code de l’Éducation aux Universités. Il met à mal la démocratie universitaire et entérine une asymétrie de gouvernance entre les écoles et le périmètre employeur (ex-Univ. Paris-Sud).

Alors même que plusieurs composantes se sont opposées à cette sortie vers un Grand Établissement, alors que nous restons dans une situation de surcharge de travail chronique et de conditions de travail très dégradées, ni la présidence actuelle, ni la précédente, n’ont fait le choix d’exiger des moyens pour améliorer les conditions de travail.

La FSU  rappelle que rien ne nous oblige à accélérer le calendrier de sortie du statut actuel d’établissement public expérimental comme le souhaite la présidence. En effet l’ordonnance du 12/12/2018 stipule que cette sortie doit avoir lieu avant le 12/12/2027.

Plutôt que d’épuiser les personnels dans une nouvelle restructuration,  la FSU

demande de prendre le temps de faire un vrai bilan de la situation actuelle, qui s’appuie sur le vécu au quotidien des personnels. C’est malheureusement exactement ce que ne fait pas le groupe de travail en charge du rapport pour l’HCERES en vue du passage au Grand Établissement. 

Gaza : pour un cessez le feu immédiat

Communiqué de la FSU

L’offensive de l’armée israélienne à Gaza, en réponse aux actes criminels du Hamas, vient de franchir un nouveau cap avec des attaques terrestres et l’intensification des bombardements dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 octobre.

La situation humanitaire extrêmement alarmante des dernières semaines risque de se transformer en véritable catastrophe.

Malgré les dénégations officielles, ce sont bien les populations civiles, qui subissent un siège qui les prive de tout, et récemment encore de leurs télécommunication, qui sont les victimes principales de ces actions militaires. En les ciblant ainsi, les autorités israéliennes se rendent une nouvelle fois coupables de crimes de guerre.

Face au risque d’extension régionale du conflit, la FSU soutient les initiatives prises, notamment par le secrétaire général de l’ONU, pour qu’une issue soit trouvée. Elle refuse d’entrer dans une logique d’intensification des clivages et des affrontements. Son seul camp est celui de la Paix, du Droit et de la Justice.

Elle demande au gouvernement français d’intervenir auprès des protagonistes pour obtenir un cessez-le-feu immédiat, le retrait des forces israéliennes de Gaza et la fin des incursions du Hamas sur le territoire israélien et la libération des otages.

Elle rappelle que la paix ne pourra être obtenue que dans le cadre du droit international : reconnaissance de l’Etat de Palestine, ouverture de négociations en vue d’un accord de paix permettant à chacun des peuples de disposer de son propre Etat, et aux Palestiniens d’exercer leur droit à l’autodétermination, arrêt de la colonisation et démantèlement des colonies, fin de l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza.

Bagnolet, le 28 octobre 2023

En grève le 13 octobre pour la jeunesse, les logements étudiants et les bourses d’études, pour l’égalité femmes/hommes, les emplois et les salaires, les pensions et les minima sociaux, pour nos services publics, boucliers sociaux et environnementaux

Sur l’université, la rentrée se fait à nouveau à budget constant ou en baisse alors même que des postes manquent dans tous les services. Surcharge de travail, perte de sens, paupérisation des agents les plus fragiles… décidement, l’université va craquer. Plus que jamais, il faut un plan d’urgence !


Sur le pouvoir d’achat, les mesures annoncées sont absolument insuffisantes. Le gouvernement se contente de poser quelques rustines et, exonère les cotisations, ce qui fragilise la protection sociale.  Qu’elles soient chercheuses ou personnel de soutien,les femmes occupent plus souvent des postes en CDD que les hommes (18 % et 15 % respectivement) et, au sein de chaque corps, leurs salaires restent inférieurs à ceux des hommes : en 2019, dans les établissements publics à caractère scientifique et technique, les hommes titulaires à temps complet perçoivent un salaire brut mensuel moyen supérieur de 513 euros à celui des femmes Il faut l’égalité salariale !

La colère contre la réforme des retraites est intacte et des milliers de travailleurs sont pénalisés par son application en marche forcée depuis le 1er septembre. Cette réforme injuste, injustifiée et illégitime doit être abrogée. Les 5,2% de revalorisation des pensions annoncés par Bruno Le Maire ne correspondent pas à l’inflation, la situation des retraité-es continue donc de se dégrader.

La crise énergétique pèse déjà fortement sur la population, particulièrement les plus précaires, tandis qu’aucune mesure réelle n’est prise pour une transition écologique juste. Le gouvernement se contente d’incitations à des économies d’énergies culpabilisantes, tandis que d’autres pays européens s’engagent dans la taxation des superprofits.

Manifestation à 14h Place d’Italie
Rendez-vous pour un départ groupé à 13h au RER Orsay Ville, en tête de train (puis dans toute les stations suivantes, dans la voiture de tête)

CNU : VOTEZ ET FAITES VOTER POUR LES LISTES SNESup-FSU

La période de vote pour l’élection du CNU 2023 est ouverte depuis le 4 septembre dernier. Le vote se déroulera jusqu’au 13 octobre inclus et se fera uniquement par correspondance, le cachet de la poste faisant foi.

Cette élection a besoin de votre participation pour faire vivre le CNU. Il s’agit d’une instance nationale, garante du statut des Enseignants-Chercheurs, qui prend des décisions importantes pour la carrière de chacun.e : qualifications, évaluations, RIPEC, CRCT,… Elle a été constamment remise en cause ces dernières années par les gouvernements successifs, ce qui rend d’autant plus important une participation massive.

Le matériel de vote a été envoyé à l’Université qui est chargée de le redistribuer à chaque électeur. Chacun d’entre vous a dû recevoir un mail des RH de sa composante d’affectation afin d’aller récupérer le matériel dans leurs services. Si vous ne savez pas comment récupérer votre matériel, adressez vous aux RH de votre composante. Ceci s’applique aussi aux personnels des EPST (CNRS, INRAE…) qui se sont inscrits sur les listes électorales mais qui malheureusement ne figurent pas dans les listes des RH pour ces élections.

Manifestons pour le logement étudiant à Paris-Saclay

Avec l’arrivée des écoles, du pôle Biologie-Pharmacie-Chimie, du Learning Center, … les étudiant·es sont bien arrivé·es sur le plateau de Saclay. Et les logements ? non ! En cette rentrée, de très nombreux·ses étudiant·es se sont vu refuser un logement CROUS faute de place, y compris des étudiant·es boursier·ères ou étranger·ères. Le GUPS (Le guichet unique, animé par le CROUS avec les offres de logement des différents bailleurs), la plateforme CASA de l’Université (offres d’origine variées) n’y suffisent pas. 
Résultat : des heures de transport quotidiennes, source de fatigue et d’échec, voire des étudiant·es qui renoncent à leurs études ! Pour rendre visible ce manque criant de logements, rejoignons la manifestation organisée par les étudiant·es

Mercredi 4 octobre

Départ à 17h45 du parvis de l’ÉNS, 4 avenue des Sciences 

La manifestation fera le tour du plateau pour une arrivée vers 19h au parc de Moulon. Il y aura des prises de parole, des témoignages, et une cantine à prix libre à l’arrivée ! 

Une AG est organisée mardi 3 octobre à 18h30 à la MAPS (bâtiment 399) pour appeler à cette manifestation et à la manifestation interprofessionnelle du 13 octobre.

MARCHE UNITAIRE CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES, CONTRE LE RACISME SYSTEMIQUE ET POUR LES LIBERTES PUBLIQUES ! 

Une centaine de nos organisations syndicales, associations, collectifs, comités de quartiers populaires, de victimes de violences policières et partis politiques se mobilisent ensemble dans la durée pour la convergence des justices antiraciste, sociale et écologique, féministes et pour que cessent les politiques sécuritaires et anti sociales.

Nous appelons à reprendre la rue samedi 23 septembre, à organiser des manifestations ou d’autres initiatives sur tout le territoire, pour faire front ensemble contre la répression des contestations sociales démocratiques et écologiques, pour la fin du racisme systémique, des violences policières, et pour la justice sociale climatique, féministe et les libertés publiques.

RENDEZ-VOUS SAMEDI 23 SEPTEMBRE 

A 14H30 GARE DU NORD !

A 13h35 A ORSAY VILLE !

Tract unitaire

Notre pays est en deuil et en colère

Notre pays est en deuil et en colère. Le meurtre de Nahel tué par un policier à bout portant à Nanterre, a mis à nu les effets de décennies de politiques publiques discriminatoires et sécuritaires ciblant notamment les quartiers populaires et la jeunesse qui y grandit et particulièrement les personnes racisées et précarisées. L’escalade des violences est une impasse et doit cesser. La conception essentiellement répressive de la police, et l’évolution législative de 2017 sur l’usage des armes de service, aggravent ce que la population vit et subit que ce soit en termes de discriminations et de pratiques racistes. Les tensions entre population et police viennent de loin et s’inscrivent dans une histoire marquée d’injustices, de préjugés, de violences, de discriminations, de sexisme… et d’un racisme systémique qui traverse l’ensemble de la société et qui n’est toujours pas éradiqué.

Les habitant·es des quartiers concernés et notamment les femmes pallient bien souvent seul·es les carences en termes de services publics. C’est bien la régression de ceux-ci, l’école, les lieux de partage et de culture, sportifs, la poste, les administrations etc. et le recul du soutien de l’État au tissu associatif qui ont largement contribué à marginaliser ces quartiers et des territoires entiers bien au-delà, particulièrement dans les Outremer. L’abandon de ces populations de quartier est aggravé par le contexte économique d’appauvrissement, d’inflation, de hausse des loyers, des prix l’énergie et la réforme de l’assurance chômage. Les inégalités sociales touchent particulièrement les enfants et les mères isolées. C’est ce que montrent les révoltes qui ont secoué les quartiers populaires depuis quelques jours en réaction à la tragédie de Nanterre. En plus de décennies de dérives d’une politique du maintien de l’ordre, de lois sécuritaires (loi sécurité globale, loi séparatisme…) et de mesures d’exception, nous assistons depuis quelques jours à des pressions du gouvernement pour mettre en place une justice expéditive. Le prononcé de mises en détention préventives systématiques avec des peines de plus en plus lourdes n’est pas acceptable !

L’urgence n’est pas celle de la répression qui ne fera que renforcer l’extrême-droite et fera reculer une fois de plus les droits et libertés. L’apaisement durable n’est possible que si le gouvernement prend les mesures nécessaires pour répondre à l’urgence de la situation et aux exigences des populations concernées. L’ONU a critiqué à plusieurs reprises les politiques sécuritaires et les problèmes institutionnels de racisme en France, en particulier dans les forces de l’ordre. Ce sont les discriminations qui sont un poison toxique qui décrédibilise l’idée même d’égalité et sème le désespoir.

L’extrême droite en fait son lit pour diviser toujours davantage la société. Nous dénonçons l’appel à la guerre civile contre les quartiers populaires et la qualification des personnes qui en sont issues de « nuisibles » par des syndicats de policiers. Nous condamnons la constitution d’une cagnotte de soutien au policier qui a tué Nahel à l’initiative d’un membre de l’extrême droite et l’absence de toute action du gouvernement, mettant ainsi de l’huile sur le feu. Tout est à repenser et construire. Il faut partir de bases nouvelles, créer des espaces de discussions larges et
tirer les leçons des erreurs des politiques publiques depuis des décennies, en respectant les histoires, parcours, cultures et singularités dont se nourrit notre aspiration collective à l’égalité. Il est plus que temps d’écouter et de prendre en compte les demandes des habitant·es des quartiers populaires et en particulier sa jeunesse !

La situation nécessite que le gouvernement prenne ses responsabilités et apporte des réponses immédiates pour sortir de l’affrontement :
– abrogation de la loi de 2017 sur l’assouplissement des règles en matière d’usage des armes à feu par les forces de l’ordre ;
– une réforme en profondeur de la police, de ses techniques d’intervention et de son armement ;
– le remplacement de l’IGPN par un organisme indépendant de la hiérarchie policière et du pouvoir politique ;
– la création d’un service dédié aux discriminations touchant la jeunesse au sein de l’autorité administrative présidée par le Défenseur des droits et le renforcement des moyens de lutte contre le
racisme, y compris dans la police.

Rien ne peut cependant se faire sans un autre partage des richesses, sans lutter contre les inégalités sociales. Rien ne peut se faire sans la lutte contre la pauvreté et la précarité, aggravées par le dérèglement climatique, la hausse des loyers et des charges, et sans le renforcement des services publics et de l’éducation populaire. C’est à ces chantiers que le gouvernement devrait s’attaquer au lieu de mener des politiques publiques régressives qui font le lit de l’extrême droite. Nos organisations syndicales, associations, collectifs, comités et partis politiques sont mobilisés pour le
maintien des libertés publiques et individuelles. Dans l’immédiat, nous appelons à rejoindre tous les rassemblements et marches autour de ces revendications, partout dans le pays à partir du mercredi 5 juillet, à l’exemple de la marche organisée par le Comité Vérité et Justice pour Adama le 8 juillet, à Beaumont-sur-Oise, et de celle de la Coordination Nationale contre les violences policières du 15 juillet. Nous appelons à des marches citoyennes le samedi 8 juillet dans toute la France et les territoires ultramarins

Nous construirons ensemble les suites de ces mobilisations.
Syndicats : CGT, CNT-Solidarité Ouvrière, Fédération Syndicale Étudiante (FSE), FSU, Solidaires Étudiant-e-s, Syndicat des Avocats de France, UNEF le syndicat étudiant Union, Syndicale Solidaires, Union Étudiante,

Associations : 350.org, Adelphi’Cité, Amnesty International France, Alternatiba, Alternatiba Paris, Les Amis de la Terre France, ANV-COP21, ATTAC France, Bagagérue, Conscience, Coudes à Coudes, DAL Droit au Logement, La Fabrique Décoloniale,FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigrés-e-s), Fédération Nationale de la Libre Pensée, Fédération nationale des maisons des potes, Femmes Egalité, Fondation Copernic, Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·es), Greenpeace France, Jeune Garde Antifasciste, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Memorial 98, Observatoire nationale de l’extrême-droite, Organisation de Solidarité Trans (OST), Planning familial, Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les racismes-RAAR, REVES Jeunes, SOS Racisme,

Collectifs : Alliances et Convergences, Assemblée des Gilets Jaunes de Lyon & Environs, Colère Légitime, Collectif civgTENON, Collectif des Écoles de Marseille (le CeM), Collectif national pour les Droits des Femmes, Collectif Nouvelle Vague, Collectif Vérité et Justice pour Safyatou, Salif et Ilan, Collective des mères isolées, Comité des Soulèvements de la Terre Sud-Essonne, Comité Local de Soutien aux Soulèvements de la Terre Aude, Comité Soulèvement Bas-Vivarais, Comité les Soulèvements de la Terre Lyon et environs, Comité local de soutien aux Soulèvements de la Terre Villefranche, Comité local de soutien aux Soulèvements de la Terre Romans-sur-Isère, Comité nîmois de soutien aux Soulèvements de la Terre, Comité
de soutien à Moussé Blé, Comité justice et vérité pour Mahamadou, Comité Les Lichens Ardéchois, Comité Vérité et Justice pour Adama, Coordination des comités pour la défense des quartiers populaires, Démocra’psy, Dernière Rénovation, En Gare, Justice pour Othmane, La Révolution est en marche, La Terre se soulève en Corrèze, Le Peuple Uni, Les Soulèvements de la Terre – comité Île-de-France, Les Soulèvements de l’Entre2Mers (33), Lyon en lutte, Lyon Insurrection, Nîmes Révoltée, Réseau GBM, Rejoignons-nous, Collectif du 5 novembre – Noailles en colère (Marseille), Syndicat des quartiers populaires de Marseille, Collectif Justice pour Claude Jean-Pierre, Youth for Climate IDF,

Organisations politiques : ENSEMBLE! – Mouvement pour une Alternative de Gauche, Écologiste et Solidaire, Europe Ecologie Les Verts (EELV), La France insoumise (LFI), Front Uni des Immigrations et des quartiers populaires (FUIQP), Gauche Ecosocialiste (GES), Génération.s (G.s), Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti de Gauche (PG), Pour une Écologie Populaire et Sociale (PEPS), Parti Ouvrier Indépendant (POI) Réseau Bastille, Révolution Écologique pour le Vivant (REV), Union communiste libertaire (UCL)

Grand établissement – Non à la précipitation. Nous avons le temps, prenons le pour réfléchir ensemble.

L’université Paris-Saclay a été créée en Janvier 2020 dans le cadre d’un Établissement Public Expérimental (EPE). Les textes législatifs laissent jusqu’à fin 2028 pour expérimenter avant de passer à un statut pérenne. Cependant, ce printemps, la présidence propose de demander précipitamment la sortie de ce statut expérimental dans le but de devenir un Grand Établissement (GE), statut différent de celui d’une université classique, telle que régie par le Code de l’Éducation.

Cette précipitation, et les conséquences d’un statut de Grand Établissement, suscitent l’inquiétude. Cela s’est manifesté par le vote de composantes de l’université, majoritairement contre le passage au statut de GE : le conseil de la faculté des sciences a voté contre à 21 voix et 2 pour (4 abstentions) et celui de la faculté Jean Monnet a voté contre à 34 voix et… zéro pour (2 abstentions). D’autres conseils ont aussi voté contre (IUT Orsay), d’autres pour (faculté de médecine, faculté de pharmacie, IUT Cachan – voir résultats complets ci-dessous). Le Conseil Social d’Administration d’Établissement (ancien comité technique) de l’Université Paris-Saclay, constitué de membres élu·es représentant du personnel au périmètre employeur, a voté contre a l’unanimité. Enfin, la F3SCT (ancien CHSCT) a voté un avis contre cette précipitation et le manque d’évaluation. Le moins qu’on puisse dire est que pour un changement aussi drastique, le soutien est loin d’être unanime.

C’est le Conseil d’Administration de l’université qui est l’instance décisionnelle : si celui-ci votait en faveur de la sortie d’EPE pour aller vers un GE, cela illustrerait le peu de cas qui est fait des composantes de l’université, en particulier des composantes de l’ancienne Université Paris-Sud.

Au delà de ce fonctionnement peu démocratique, on peut aussi s’étonner de cette demande précipitée : le CA de l’université va être renouvelé en 2024, engager l’université vers un statut de GE dès maintenant, c’est forcer la main du prochain CA. En effet, si les textes législatifs prévoient jusqu’à fin 2028 pour le statut expérimental, ils prévoient aussi que la sortie vers un GE se fait avec peu de modifications par rapport au statut expérimental. Il est illusoire de croire que beaucoup de choses changeront :  c’est la pérennisation de la situation actuelle qui est en jeu, comme le reconnaît et le revendique la présidence. Or celle-ci paraît loin d’être satisfaisante au vu du vote des composantes (ou du rapport effectué par  le cabinet d’expertise DEGEST,  l’année dernière et qui pointait sans ambiguïté un profond malaise chez les personnels).

Quelle alternative ?

Tout d’abord, pourquoi cette urgence ? Au contraire, il faut prendre le temps de tirer un bilan des débuts de Paris-Saclay qui clairement posent problème (sinon, les composantes ne voterait pas comme elles l’ont fait). Un problème se situe sans conteste au niveau du périmètre ex-Paris-Sud qui contrairement aux autres entités (ÉNS Paris-Saclay, UVSQ, UEVE, CentraleSupélec…) a perdu son existence juridique et les instances démocratiques qui vont avec – et si le CA vote pour la sortie de l’EPE, cela montrera à quel point l’avis des composantes est méprisé dans les statuts actuels.

Il est donc indispensable qu’il y ait de nouveau une entité juridique qui permette à ce périmètre de peser dans les décisions qui le concernent, avec le statut d’une université normale dans le cadre du Code de l’Éducation. Puisque les textes le permettent, prenons le temps de réfléchir à comment expérimenter cela ainsi qu’à tous les autres dysfonctionnements posés par l’organisation et le fonctionnement de l’université Paris-Saclay, plutôt que de se précipiter vers ce GE qui fige cette organisation sans en régler les problèmes.

Entraves administratives à la recherche au CNRS

Nous vous invitons à prendre connaissance du livre blanc provisoire du Conseil Scientifique du CNRS sur les entraves administratives à la recherche. Ces constatations ne sont en rien des critiques vis à vis des personnels administratifs individuels, eux-mêmes soumis à des consignes et procédures générales. Il s’agit d’un constat de terrain accompagné d’un bilan, et de propositions. Il a été relayé par l’AEF et a donc fait grand bruit à la gouvernance du CNRS. 

Le sommaire :

I – CONSTAT : UNE EXASPÉRATION CROISSANTE À L’ENCONTRE D’UN ALOURDISSEMENT RÉGULIER DU CADRE ADMINISTRATIF.

     I-1 Un accroissement continu du niveau de contraintes juridiques et administratives, et un report de tâches administratives vers les personnels de recherche.
     I-2 Des difficultés, retards et dysfonctionnements dans tous les domaines ; implication sur la réputation de l’établissement.
     I-3 Une atmosphère de défiance généralisée.
     I-4 Pratiques d’auto-censure vis-à-vis des programmes européens, décrochage international.
     I-5 Une absence de culture des Retours d’expériences « Gestion de la Recherche »

II – QUELQUES DOSSIERS MAJEURS

     II-1 Les Zones à Régime Restrictif.
     II-2 Le malaise des Délégations Régionales
II-3 Les ratés de la valorisation.

III BILAN

IV PROPOSITIONS.

     IV-1 Traitement des dysfonctionnements.
     IV-2 Repenser le rôle des DR.
     IV-3 Prise en compte au niveau des politiques d’établissement.